Montréal

Montréal
Montréal
De haut en bas et de gauche à droite : le centre-ville de Montréal, Vieux-Montréal, la basilique Notre-Dame, Vieux-Port de Montréal, l'oratoire Saint-Joseph, le stade olympique.
Blason de Montréal
Armoiries de Montréal.
Drapeau de Montréal
Drapeau de Montréal.
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau du Québec Québec
Région Montréal
Subdivision régionale Agglomération de Montréal
Statut municipal Métropole
Arrondissements 19 arrondissements
Mairesse
Mandat
Valérie Plante
2017-2021, 2021-2025
Code postal
Fondateur
Date de fondation
Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance
Constitution
Démographie
Gentilé Montréalais(e)
Population 1 825 208 hab. ()
Densité 4 992 hab./km2
Population de l'aire urbaine 4 098 927 hab. (2016[1])
Géographie
Coordonnées 45° 30′ 32″ nord, 73° 33′ 42″ ouest
Superficie 36 565 ha = 365,65 km2
Divers
Langue(s) Français[2]
Fuseau horaire Heure de l'Est
Indicatif 514 et 438
Code géographique 66023
Devise Concordia Salus (« Le salut par la concorde »)
Localisation
Localisation de Montréal
Localisation de Montréal dans son agglomération
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Montréal
Liens
Site web montreal.ca

Montréal (/ˈmɔ̃.ˌʁe.al/[3] Écouter) est la principale ville du Québec. Grande métropole[4] insulaire et portuaire du fleuve Saint-Laurent au pied des rapides de Lachine, c'est la deuxième ville la plus peuplée du Canada, après Toronto, et la plus grande ville francophone d'Amérique[5]. Son aire urbaine, la région métropolitaine de Montréal, rassemble plus de 4,1 millions d'habitants, soit environ la moitié de la population du Québec[6]. Montréal est l'une des grandes agglomérations d'Amérique du Nord et un important pôle financier[7], de savoir[8], de culture et d'aéronautique. C'est à Montréal que siègent l’Organisation de l’aviation civile internationale, l’Institut de statistique de l’UNESCO, le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, ainsi que l’Agence mondiale antidopage.

La ville doit son nom au mont Royal qui surplombe le centre des affaires et le centre historique de la ville, tous deux situés dans l'arrondissement Ville-Marie. Montréal est découpé en 19 arrondissements qui couvrent les trois-quarts de l’île de Montréal, la plus grande de l'archipel d'Hochelaga, mais également l’île Bizard, l'île des Soeurs et les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame. Il y a plus de 1,8 millions d'habitants dans les limites municipales. Langue officielle de l'administration, le français est la langue d'usage de la majorité de la population. L'anglais et d'autres langues y occupent une place importante; la moitié des montréalais sont bilingues et près du quart sont trilingues[9].

Cœur économique, commercial et financier du Québec, la ville compte plus de 400 sièges sociaux et de nombreuses grappes industrielles. Considérée comme « meilleure ville étudiante » au monde[10] et comme la « métropole universitaire du Canada »[11] avec six universités et 450 centres de recherche, Montréal est aussi un centre culturel d'importance pour les jeux vidéo[12], le cinéma[13] et le design[14]. Le transport collectif de la ville, structuré par un réseau de métro, est l'un des plus efficaces, rapides et ponctuels en Amérique du Nord. L'Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau accueille près de 20 millions de voyageurs annuellement. La région de Montréal est la porte d'entrée de l'immigration au Québec, 70% des personnes nées à l’étranger y demeurent[15].

Hôte de l'Exposition universelle de 1967 et les Jeux olympiques d'été de 1976, Montréal accueille chaque année le Grand Prix de Formule 1 du Canada, et de nombreux festivals, tels le Festival international de jazz de Montréal, les FrancoFolies et le festival Juste pour rire. Le Canadiens de Montréal est le plus vieux club de hockey au monde toujours en activité, sans interruption.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Gravure de 1762 par Pierre-Charles Canot illustrant Montréal et le mont Royal depuis le fleuve Saint-Laurent au XVIIIe siècle, d'après Thomas Patten.

Montréal est prononcé [mɔ̃ʁeal]écouter en français standard, [mɒ̃ʁeal]écouter[Note 1] en français québécois et [ˌmʌntriːˈɒl]écouter en anglais canadien. Les Kanien'kehá:ka (Mohawks) désignent Montréal sous le nom de Tio'tia:ke qui signifie « là où les courants se rencontrent »[16] ou « l’île entre les deux rapides »[17].

C'est l'explorateur français Jacques Cartier, lors de son second voyage en Amérique en 1535, qui baptise la montagne qui surplombe la ville. Dans son récit de voyage, il raconte : « Et parmi ces campagnes est située et assise la ville de Hochelaga près d'une montagne aux alentours labourés et fort fertiles et sur laquelle on voit fort loin. Nous nommâmes cette montagne le mont Royal. »[trad 1],[18] Le choix de ce nom pourrait être attribuable à celui qui accompagnait Jacques Cartier le jour du débarquement sur cette île, Claude de Pontbriand, fils du seigneur de Montréal (province d'Aquitaine, royaume de France). C'est l'avis des historiens Henry Percival Biggar et Ægidius Fauteux[19]. De la seigneurie de Montréal en Aquitaine, il subsiste le château[Note 2].

C'est en 1575 qu'est attesté pour la première fois le nom « Montréal », dans l'ouvrage La Cosmographie universelle de tout le monde écrit par François de Belleforest, un historiographe français[20].

Bien que le premier établissement français sur l'île de Montréal porte le nom de Ville-Marie, c'est le nom Montréal qui devient l'appellation de facto de la ville à partir du XVIIe siècle ; plusieurs cartes en témoignent[21]. Cette désignation deviendra officielle le , date d'incorporation de la « ville de Montréal »[22].

Le terme mont en français (et en langue d'oc) est issu du gallo-roman MONTE (lui-même de l'accusatif montem, du latin mons « montagne »), il avait également le sens de « hauteur, élévation, colline » en ancien français[23]. -réal, Réal- représente généralement la forme d'oc real francisée (occitan moderne reial, reiau, « royal ») cf. Montréal (France, Drôme, Mons Real 1231[24]), issue comme le français royal du latin regalis[24]. D’où le sens global de « mont royal »[24]. Ce type toponymique indique selon Albert Dauzat, la soumission directe au roi[24].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le fleuve Saint-Laurent à Montréal

La ville de Montréal est située au sud du Québec, dans l'Est du Canada (45° 31′ N, 73° 39′ O ), à proximité des frontières de la province de l'Ontario et de l'État de New York (États-Unis)[25],[26].

Ville portuaire et métropole du fleuve Saint-Laurent, elle se trouve à environs 850 kilomètres de son embouchure, soit environs à 230 kilomètres en amont de la ville de Québec. Son territoire occupe principalement l'île de Montréal, la plus vaste île fluviale de l'archipel d'Hochelaga (482,8 km2). La ville s’étend aussi sur l'île Bizard, l'île des Sœurs, l'île Sainte-Hélène et l'île Notre-Dame.

Situé à la confluence du Saint-Laurent, de la rivière des Outaouais et du Richelieu, la région de Montréal elle est traversée par un réseau hydrographique stratégique, notamment la voie maritime du Saint-Laurent qui permet la navigation entre l'Atlantique nord et les Grands Lacs, en contournant les rapides de Lachine. Montréal est aussi située au cœur de l'écorégion des basses-terres du Saint-Laurent, une vaste vallée entre les Appalaches et les Laurentides. À quelques kilomètres de Montréal, les terres agricoles de la Montérégie, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent sont souvent qualifiés de « garde-manger du Québec »[27].

Centre-ville et territoire[modifier | modifier le code]

Le territoire de la ville de Montréal s'étend sur 365,65 km2, soit la plus grande parti du centre et de l'est de l'île de Montréal. Le centre ville de Montréal occupe une zone d'environs 18 km2 sur le flanc sud du Mont Royal dans l'arrondissement Ville-Marie. Montréal compte un centre historique, le Vieux-Montréal, sur la rive du fleuve Saint-Laurent à proximité de la Pointe-à-Callière et un quartier d'affaires concentré aux alentours du Boulevard René-Levesque. Plus du tiers des emplois de la ville sont concentrés dans le centre-ville[28].

Le centre-ville de Montréal la nuit depuis le belvédère du mont Royal.

Montréal s'étend sur une vaste aire urbaine à densité de population variable. Si certains secteurs sont denses et urbains, comme Plateau Mont-Royal, le Mile End ou Griffintown, d'autres plus éloignés du centre, comme Rivière-des-Prairies, L'Île-Bizard–Sainte-Geneviève, ou Pierrefonds-Roxboro, prennent davantage les allures de la cité-dortoir. Montréal compte également de grandes zones industrielles, nottament dans l'arrondissement Saint-Laurent, à proximité de l'Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, et dans l'est de l'île. Réparties un peu partout sur l'île, la ville compte de nombreuses artères et centres commerciaux comme la rue Sainte-Catherine, le Marché central ou la plaza Saint-Hubert.

Périphérie et région métropolitaine[modifier | modifier le code]

La région de Montréal, vue de l'espace, la nuit.

L'aire urbaine de Montréal s'étend bien au-delà des limites municipales. La Communauté métropolitaine de Montréal, qui est composée de 82 municipalités locales[29], couvre une superficie de 4 360 km2 et réunit 4,1 millions d'habitants soit près de la moitié de la population du Québec[30]. Montréal et sa communauté métropolitaine forment la 15e plus importante aire urbaine d'Amérique du Nord[31] et la 77e mondialement. Les principales villes de la banlieue de Montréal sont Laval (422 933 hab.), Longueuil (239 700 hab.), Terrebonne (111 575 hab.), Brossard (85 721 hab.) et Repentigny (84 285 hab.).

À l'instar des grandes villes nord-américaines, l'étalement urbain en périphérie de Montréal s'effectue principalement à basse densité (moins de 500 personnes par km2)[32]. Cette tendance entraîne de forts coûts au niveau des infrastructures de voirie, aqueducs, égouts, électricité, communications, et des frais de transport. Elle favorise l'urbanisation au détriment de terres agricoles et d'habitats naturels[33].

En plus du réseau routier, la périphérie de Montréal est desservie, aux heures de pointe, par le train de banlieue administré par le réseau de transport exo. Six lignes aboutissent au centre-ville de Montréal à la gare Lucien-L'Allier et à la Gare centrale. On compte environ 80 000 passagers par jour ouvrables à bord des trains de l'AMT[34]. Le , la Caisse de dépôt et placement du Québec a dévoilé le projet de réseau électrique métropolitain, un métro léger automatisé pour la banlieue proche, qui devrait être opérationnel d'ici 2022[35].

Climat[modifier | modifier le code]

Déneigement des trottoirs après une tempête de neige

Montréal possède un climat continental humide avec été tempéré, soit Dfb[36],[37] dans la classification de Köppen[Note 3]. La température moyenne annuelle s'est élevée à 6,8 °C entre 1981 et 2010[38]. Le mois le plus chaud est juillet (=20,9 °C) et le plus froid est janvier (=−10,2 °C)[38]. On y compte en moyenne 8 jours au-dessus de 30 °C et 17 jours en dessous de −20 °C par an. Selon une étude publiée le par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec, l'Ouest du Québec méridional se serait réchauffé de 1 à 1,25 °C de 1960 à 2003[39].

Entre 1981 à 2010, Montréal a reçu environ 1 000 mm de précipitations par an, 784 mm sous forme de pluie et 210 cm sous forme de neige[38]. La date médiane de la première neige se situe du 1er au 15 décembre et celle de la fonte de la couverture neigeuse continue du 1er au 15 avril ; soit un total d'environ 4 mois enneigés[40],[41]. Le jour le plus pluvieux a été le , avec 94 mm enregistrés en une seule journée[38]. La chute de neige la plus volumineuse jamais enregistrée en une seule journée a eu lieu le avec une précipitation de 45 cm[42], alors que sur une période de 24 heures le record a été établi du 4 au 5 mars 1971, avec une précipitation de 47 cm lors de la désormais célèbre « tempête du siècle[43] ». Les 26 et 27 décembre 1969, la métropole du Québec a vu sa plus forte tempête avec plus de 70 cm en 48 heures. La plus grande couverture neigeuse a été mesurée le avec 102 cm[38].

Relevé météorologique de Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal (période : 1981-2010) - altitude : 36 m - 45° 28′ N, 73° 45′ O
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −14 −12,2 −6,5 1,2 7,9 13,2 16,1 14,8 10,3 3,9 −1,7 −9,3 2
Température moyenne (°C) −9,7 −7,7 −2 6,4 13,4 18,6 21,2 20,1 15,5 8,5 2,1 −5,4 6,8
Température maximale moyenne (°C) −5,3 −3,2 2,5 11,6 18,9 23,9 26,3 25,3 20,6 13 5,9 −1,4 11,5
Record de froid (°C)
date du record
−37,8
1957
−37
1934
−29,4
1950
−15
1954
−4,4
1947
0
1995
6,1
1982
3,3
1957
−2,2
1951
−7,2
1972
−19,4
1949
−32,4
1980
−37,8
1957
Record de chaleur (°C)
date du record
13,9
1950
15
1981
25,8
2012
30
1990
34,7
2010
35
1964
35,6
1953
37,6
1975
33,5
1999
28,3
1968
21,7
1948
18
2001
37,6
1975
Ensoleillement (h) 101,2 127,8 164,3 178,3 228,9 240,3 271,5 246,3 182,2 143,5 83,6 83,6 2 051,3
Précipitations (mm) 77,2 62,7 69,1 82,2 81,2 87 89,3 94,1 83,1 91,3 96,4 86,8 1 000,3
dont neige (cm) 49,5 41,2 36,2 12,9 0 0 0 0 0 1,8 19 48,9 209,5
Nombre de jours avec précipitations 16,7 13,7 13,6 12,9 13,6 13,3 12,3 11,6 11,1 13,3 14,8 16,3 163,3
Humidité relative (%) 68,1 63,4 58,3 51,9 51,4 55,3 56,1 56,8 59,7 62 68 71,4 60,2
Nombre de jours avec neige 15,3 12,1 9,1 3,2 0,07 0 0 0 0 0,72 5,4 13 58,9
Source : Environnement Canada[44],[45].
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
−5,3
−14
77,2
 
 
 
−3,2
−12,2
62,7
 
 
 
2,5
−6,5
69,1
 
 
 
11,6
1,2
82,2
 
 
 
18,9
7,9
81,2
 
 
 
23,9
13,2
87
 
 
 
26,3
16,1
89,3
 
 
 
25,3
14,8
94,1
 
 
 
20,6
10,3
83,1
 
 
 
13
3,9
91,3
 
 
 
5,9
−1,7
96,4
 
 
 
−1,4
−9,3
86,8
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Biodiversité et protection de l'environnement[modifier | modifier le code]

Les conditions climatiques caractéristiques de la région de Montréal sont propices à la forêt tempérée décidue. Les forêts naturelle de la région sont du domaine bioclimatique de l'érablière à caryer cordiforme, c'est à dire des forêts dominés par les érable à sucre et les caryers. Parmi les autres essences d'arbre on y retrouve le hêtre à grandes feuilles, le tilleul, le bouleau jaune, le noyer cendré, le chêne blanc, la pruche du Canada, le thuya occidental, le pin blanc et le pin rouge.

Les espèces animales les plus communes sur l'île de Montréal sont le raton laveur, la mouffette rayée, l'écureuil gris, la marmotte commune, le lapin à queue blanche, le cerf de Virginie, l'engoulevent d'Amérique, le geai bleu, le grand pic et l'oriole de Baltimore[46]. Le coyote est une espèce de plus en plus présente à Montréal[47],[48]. Montréal compte également une importante faune commensale. En plus des chats, des chiens et autres animaux domestiques, les pigeons, goélands et rats vivent en en ville.

Les milieux naturels et la santé publique subissent les conséquences environnementales de son urbanisation étendue, sa motorisation élevée et son activité industrielle. Ces conséquences ont un impact qualité sur l'air, l'eau et les sols et la pollution lumineuse et sonore.

Histoire[modifier | modifier le code]

Colonisation française[modifier | modifier le code]

Fort Ville-Marie, Montréal, 1645

Jusqu'à quelques décennie avant la colonisation française, l’île de Montréal est occupée par les Iroquoiens du Saint-Laurent[49]. Jacques Cartier, le premier explorateur européen à fouler l'île à l'automne 1535, décrit Hochelaga dans son récit de voyage, un village iroquoien fortifié de « plus de mille personnes »[50] construit au pied d'une colline qu'il nomme Mons realis. En 1603, près de 70 ans plus tard, l'explorateur Samuel de Champlain rapporte que les Iroquoiens n'occupent plus l'île de Montréal[50],[51]. Un poste de traite saisonnier temporaire est construit en 1611 à la place Royale (aujourd'hui Pointe-à-Callière).[52]

À partir de 1636, la seigneurie de l’île de Montréal est concédée à des nobles français, d'abord Jean de Lauson, président de la Compagnie des Cent-Associés, puis Jérôme Le Royer, sieur de La Dauversière, qui en prend possession au nom de la Société Notre-Dame de Montréal en 1640[53]. La Société Notre-Dame, née du mouvement de la Contre-Réforme, souhate l'établissement d'une colonie missionnaire sur l'île de Montréal[54]. Arrivés de France à Québec à l'été 1641, deux membres de la société, l'officier Paul Chomedey de Maisonneuve et la soignante Jeanne Mance, on pour mission respective de prendre possession de Montréal et d'y fonder une chapelle et un Hôtel-Dieu[55]. Maisonneuve est nommé gouverneur de Montréal et Ville-Marie est fondée au printemps suivant, le .

Vieux Séminaire de Saint-Sulpice, construit entre 1684 à 1687

Dans le contexte des guerres franco-iroquoises, les premiers colons français se retranchent dans le fort Ville-Marie[56]. Cette situation rend l'agriculture difficile à pratiquer. De plus, la Société Notre-Dame de Montréal n'arrive pas à convertir suffisamment d'Amérindiens pour assurer la croissance démographique[57]. Maisonneuve est contraint de retourner en France pour recruter d'autres colons en 1653 et en 1659 ; ces efforts en amènent près de 200, parmi lesquels sœur Marguerite Bourgeoys, la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal en 1659[58]. Ces nouveaux arrivants permettent le développement de l'agriculture, assurant la survie et le développement de Ville-Marie.

En 1663, la Nouvelle-France devient une province royale. Elle est placée sous le commandement du Conseil souverain de la Nouvelle-France qui relève de l'autorité directe de Louis XIV. La Société Notre-Dame est dissoute la même année et Maisonneuve est renvoyé en France par le gouverneur Prouville de Tracy[58]. La seigneurie de l'Île-de-Montréal est cédée au séminaire Saint-Sulpice de Paris en 1665. Les prêtres sulpiciens influenceront de manière significative le développement de Montréal[58]. La traite des fourrures devient, à partir de 1665, grâce à des interventions militaires françaises, une part principale de l'économie montréalaise[59]. Les pelleteries en provenance de la rivière des Outaouais transitent à Ville-Marie qui compte plus de 600 habitants à cette époque[60],[61],[62]. Les sulpiciens font borner les rues en 1672 puis la ville est fortifiée d'une palissade de pieux en 1687[63].

Pendant que Ville-Marie se développe, d'autres secteurs de peuplement apparaissent sur l'île. En amont des rapides du Sault-Saint-Louis sur le Saint-Laurent, un fief est concédé à l'explorateur René-Robert Cavelier de La Salle, qui fonde Lachine en 1669. Au Sault-au-Récollet, au nord de l'île, sur la rivière des Prairies, une mission est fondée par les sulpiciens en 1696. Malgré quelques périodes de tranquillité, les guerres franco-iroquoises font de plus en plus de ravages dans la colonie à la fin du XVIIe siècle. On compte parmi les événements sanglants le massacre de Lachine du .

En , le traité de la Grande Paix de Montréal met fin aux hostilités. 1 200 Amérindiens d'une quarantaine de nations de la région des Grands Lacs et plusieurs notables de la Nouvelle-France, dont le gouverneur Hector de Callières, se rassemblent à Montréal pour la signature du traité[64]. L'expansion de Montréal se poursuit durant la première moitié du XVIIIe siècle ; les premiers faubourgs apparaissent durant les années 1730 alors que la ville compte autour de 3 000 habitants[65]. En plus de la traite des fourrures, elle devient le point central d'un territoire agricole en pleine croissance.

Capitulation des Français face à l'armée britannique à Montréal le .

Commencée un peu avant la guerre de Sept Ans, la guerre de la Conquête oppose les Français et les Britanniques en Amérique du Nord à partir de 1754. En plus de la citadelle de Montréal, les Français comptent à cette époque de nombreux forts sur l'île de Montréal tel que le fort Lorette, le fort de la Montagne, le fort de Pointe-aux-Trembles et le fort Senneville.

La bataille des plaines d'Abraham, victoire britannique à Québec, le , annonce la fin du régime français sur le territoire. Malgré une dernière tentative de reprendre la ville lors de la bataille de Sainte-Foy le , le duc de Lévis est contraint de replier ses troupes à Montréal. Le , les troupes françaises de Montréal[66], commandées par Pierre de Cavagnal, marquis de Vaudreuil, se rendent sans combat à l'armée britannique commandée par Lord Jeffery Amherst[67]. Le traité de Paris de 1763 marque la fin de la période française.

Conquête britannique et industrialisation[modifier | modifier le code]

Avec le nouveau régime, le commerce devient exclusivement tourné vers l'Empire britannique. Montréal, alors le centre d'un vaste arrière-pays, développe une solide bourgeoisie commerciale, principalement d'origine écossaise et anglaise. Après la guerre d'indépendance des États-Unis et l’arrivée de loyalistes américains dans la province de Québec, la région de Montréal devient un tampon où se rencontrent deux peuples, l'un anglophone et protestant, l'autre francophone et catholique.

Bien que les Canadiens (descendants des premiers colons français) soient majoritaires, leur sous-représentation politique et le déni de leur langue crée une situation de tension culminant avec la rébellion des Patriotes de 1837-1838. Montréal est le lieu d’émeutes de part et d'autre de la population. Le Parlement du Canada-Uni, installé à Montréal entre 1843 et 1849, est ainsi incendié par des émeutiers anti-unioniste, appelés aux armes par un article haineux de The Gazette. Le feu se propageant également jusqu'à la bibliothèque nationale, il détruit d'innombrables archives de la Nouvelle-France[68]. Ces incidents incitèrent les députés du Canada-Uni à transférer la capitale en alternance à Toronto et à Québec, puis à choisir Ottawa à partir de 1866[69].

Montréal depuis le Mont-Royal, vers 1890.

Fondée dans le secteur qui est aujourd'hui le Vieux-Montréal, dans l'arrondissement Ville-Marie, Montréal a vu son découpage et les limites de son territoire changer sensiblement depuis son établissement. La superficie de la ville s'est accrue par l'annexion de nombreuses municipalités, dont les noms se retrouvent maintenant dans ceux de plusieurs quartiers et arrondissements. Sur le plan économique, le début du XIXe siècle marque une importante transition dans l'activité commerciale de Montréal. Sa position géographique liée aux réseaux de communication naturels faisait déjà de la ville un centre important de la traite des fourrures vers l'Europe. Le début de la colonisation anglaise du Haut-Canada par les loyalistes transforme Montréal en plaque tournante de l'approvisionnement et du peuplement de la région des Grands Lacs. L'industrie de la traite des fourrures — qui a dominé l'activité économique pendant plus d'un siècle — perd en importance par rapport au négoce et aux activités de transport[70]. La croissance de la ville s’accélère par la construction en 1824 du canal de Lachine, permettant aux navires de franchir les rapides de Lachine et facilitant les communications entre l'Atlantique et les Grands Lacs.

Le canal de Lachine, vers 1850.

La seconde moitié du XIXe siècle amène le rapide développement du chemin de fer, la création d'une première ligne ferroviaire de 23 km entre Laprairie et Saint-Jean-sur-Richelieu en 1836, et celle du canal de Chambly, inauguré en 1843[71]. Les deux infrastructures améliorent les communications avec New York, via le lac Champlain ou sa rive et la vallée du fleuve Hudson. La construction des lignes du Grand Tronc vers Toronto et les provinces maritimes dans les années 1850, et celle du pont Victoria, en 1860, consolident la vocation de la ville. La compagnie ferroviaire du Canadien Pacifique y installe son siège social en 1880, faisant définitivement de Montréal le nœud ferroviaire du Canada. Parallèlement l'industrie artisanale cède sa place à l'industrialisation.

La ville subit plusieurs épidémies durant le XIXe siècle, la plus importante étant l'épidémie de variole de 1885 qui tua 3164 personnes (en très grande majorité des francophones) soit 1,89% de sa population estimée alors à 168 000 habitants[72].

Entre les épidémies et les grands incendies l’élite commerciale, devenue industrielle, commence à s’établir dans le Mile carré doré. En 1860, Montréal est devenue la plus importante municipalité de l'Amérique du Nord britannique et le centre économique et culturel du Canada.

La rue Sainte-Catherine Ouest, à l'angle de la rue Union, 1937.
L'Édifice Sun Life achevé en 1931 est à l'époque le «plus grand édifice de l'Empire britannique»

Entre la fin du XIXe siècle et le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Montréal connaît l'une des plus fortes périodes de croissance de son histoire. Le développement des banques et autres institutions financières avec l'industrie donne l'élan lui permettant de devenir le centre financier canadien durant toute la première moitié du XXe siècle.

La 1re municipalité à avoir été fusionnée à Montréal est celle d'Hochelaga en 1883, suivie de Saint-Jean-Baptiste en 1886, Saint-Gabriel en 1887 et Côte-Saint-Louis en 1893[73]. L'année 1905 voit l'intégration de Villeray, Saint-Henri et Sainte-Cunégonde[73], aujourd'hui le quartier de La Petite-Bourgogne. En 1908 s'ajoute Notre-Dame-des-Neiges, puis Saint-Louis-du-Mile-End et De Lorimier un an plus tard[73].

En 1910, pas moins de 10 municipalités sont fusionnées à Montréal : Tétreaultville, Longue-Pointe, Beaurivage-de-la-Longue-Pointe, Côte-Saint-Paul, Ville-Émard, Rosemont, Bordeaux, Ahuntsic, Côte-des-Neiges et Notre-Dame-de-Grâce[73], les deux dernières formant aujourd'hui l'arrondissement du même nom. Six ans après, la cité s'agrandit de nouveau en englobant Sault-au-Récollet et Cartierville, puis Maisonneuve en 1918[73].

Après guerre, la ville se modernise et développe une réputation de ville festive. La prohibition aux États-Unis en fait une destination prisée par les Américains. L'essor des débits de boisson, des cabarets, des maisons de jeu, des réseaux de paris, l'accès facile aux drogues, le foisonnement des bordels, la hausse du tourisme sexuel, combinés à une influence croissante de la pègre, de même qu'une certaine connivence des forces policières sont à l'origine du qualificatif de «ville ouverte» [74],[75].

Malgré la croissance de Montréal, le chômage y perdure et est exacerbé par le krach de 1929. Durant la grande dépression, la ville aide les chômeurs et entreprend une politique de grands travaux qui touche durement ses finances au point qu'elle est placée sous tutelle du gouvernement provincial de 1940 à 1944. Pendant cette période, l'effort de guerre amène le plein emploi et inaugure une nouvelle ère de prospérité.

Kiosque à journaux dans Rosemont en 1943.

En 1951, la population montréalaise dépasse le million. Pourtant la croissance de Toronto a déjà commencé à contester à la métropole québécoise son statut de capitale économique du Canada. En effet, depuis les années 1940 le volume d'actions échangées à la bourse de Toronto est devenu supérieur à celui de la bourse de Montréal. Les années 1950 et 1960 sont marquées par une croissance soutenue, que symbolise la tenue de l'Exposition universelle de 1967[76],[77], la construction des plus hautes tours du Commonwealth, du réseau autoroutier et du métro de Montréal. Pourtant l'économie montréalaise, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, est en pleine mutation. Un vaste mouvement des industries vers le Midwest et le Sud de l'Ontario, combiné à des changements technologiques, comme l'essor du camionnage et la mise en service de la voie maritime du Saint-Laurent en 1959, réduisent progressivement l'importance de Montréal comme centre de transbordement des marchandises[78].

Le territoire municipal reste ensuite stable pendant plusieurs décennies, jusqu'à l'annexion de Rivière-des-Prairies en 1963, Saraguay en 1964 puis Saint-Michel en 1968[73]. Treize et quatorze ans plus tard vient le tour de Saint-Jean-de-Dieu et de Pointe-aux-Trembles[73].

Montréal contemporain[modifier | modifier le code]

Montréal depuis l'observatoire de la Place Ville-Marie. Le Vieux-Montréal donne sur le fleuve Saint-Laurent que traverse le pont Jacques-Cartier. Au premier plan, de gauche à droite, le Complexe Desjardins, le Centre hospitalier de l'Université de Montréal, la tour Radio-Canada, le palais de justice de Montréal, la Grande roue, l'édifice Aldred, le Vieux-Port.

Les années 1970 se révélèrent être une période de vastes changements sociaux et politiques, émanant d'une majorité francophone achevant sa Révolution tranquille face à la domination traditionnelle du monde des affaires par une minorité anglophone érodée par le lent déclin de leur ville[79]. La crise d'octobre 1970, qui voit l'armée déployée dans les rues[80], puis l'élection en 1976 du Parti québécois, partisan de la souveraineté, favorisent le départ de grandes entreprises[81] (Sun Life, RBC…) et de nombreuses personnes de la ville, accélérant encore le renversement de la hiérarchie des métropoles canadiennes au profit de Toronto[82]. Cela n'empêche cependant pas Montréal, dirigée d'une main de fer par le maire Jean Drapeau, d'assurer son statut international en devenant ville olympique en cette même année 1976. La métropole est alors à son apogée, au prix d'une dette importante[83].

Jusqu'au milieu des années 1990, l'économie de Montréal, frappée durement par les récessions de 1981-1982 et 1990-1992, se développe plus lentement que beaucoup de villes canadiennes. Une importante restructuration industrielle et un développement des industries culturelles donneront un second souffle à la ville[84]. Montréal célèbre avec éclat son 350e anniversaire en 1992.

La ville est frappée en par le premier féminicide de masse. Un homme déclarant détester les « féministes » abat quatorze jeunes femmes à l'École polytechnique[85].

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Au début du XXIe siècle, une réorganisation des municipalités est mise en place à l'échelle du Québec. Au terme d'un processus de fusions massives suivies de plusieurs défusions, Montréal acquiert ses limites actuelles après avoir intégré Anjou, Lachine, LaSalle, Montréal-Nord, Outremont, Saint-Laurent, Saint-Léonard, Verdun, Pierrefonds, Roxboro, Saint-Raphaël-de-l'Île-Bizard et Sainte-Geneviève[73]. Les huit premières entités deviennent autant d'arrondissements, tandis que les quatre dernières sont jumelées pour n'en former que deux : Pierrefonds-Roxboro et L'Île-Bizard–Sainte-Geneviève, ce dernier étant l'arrondissement le moins peuplé de la ville[86].

Le XXIe siècle amène le renouveau du paysage économique et culturel de la ville et de ses infrastructures. La construction de gratte-ciel résidentiels, de deux super-hôpitaux, du quartier des Spectacles, la gentrification de Griffintown, l'expansion de l'aéroport Montréal-Trudeau, le remplacement du pont Champlain par le pont Samuel-De Champlain, la reconstruction de l'échangeur Turcot et le projet de Réseau express métropolitain, sont autant de réalisations qui font que Montréal continue de grandir.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Salle du conseil de ville de Montréal à l'hôtel de ville
Valérie Plante, mairesse de Montréal depuis 2017

La ville de Montréal est administrée par le conseil de la ville de Montréal et par 19 conseils d'arrondissement. La répartition des compétences entre la ville centrale et les arrondissement est décrite dans la Charte de la Ville de Montréal, métropole du Québec, une loi du Gouvernement du Québec et constitution de la ville[87].

Le conseil de la ville de Montréal est l'organe décisionnel principal de la ville. Il est actuellement composé de la mairesse et de 64 élus : 19 maires d'arrondissement et 46 conseillers de ville. Le Conseil siège à l’Hôtel de ville de Montréal. Depuis 2017, c'est le parti Projet Montréal, le parti de la mairesse Valérie Plante, qui détient la majorité de siège au conseil municipal. Elle en est à son deuxième mandant en tant que mairesse.[88]Le parti Ensemble Montréal constitue l'opposition au conseil de ville.

Le maire de Montréal est élu au scrutin uninominal majoritaire à un tour tous les 4 ans. Il incarne le pouvoir exécutif au sein de l'administration municipale de la ville ; en plus du conseil municipal, il siège au conseil d'agglomération et au comité exécutif de Montréal. Il est également maire de l'arrondissement Ville-Marie.

Les maires d'arrondissement sont élus au suffrage universel parmi les électeurs d'un arrondissement et les conseillers de ville sont élus au scrutin majoritaire à un tour dans les différents districts électoraux de la ville.

Les 16 municipalités qui se partagent l’île de Montréal se retrouvent au sein du conseil d'agglomération de Montréal. Ce conseil gère les compétences d'agglomération sur l'ensemble du territoire de l'île de Montréal, dont la sécurité publique, l'évaluation foncière, la distribution de l'eau potable, le traitement des eaux usées et des matières résiduelles, la voirie et le transport collectif[réf. souhaitée]. Il est composé du maire de Montréal, de 15 conseillers de Montréal et de 14 maires et 1 représentant des villes de l'île de Montréal.[réf. souhaitée]

Arrondissements[modifier | modifier le code]

Le territoire de la ville de Montréal est divisé en 19 arrondissements[89]. Les limites actuelles des arrondissements sont demeurés inchangés depuis les défusions municipales de 2006 et plusieurs d'entre eux correspondent aux territoires d'anciennes villes fusionnées à Montréal en 2002.

Les arrondissements sont dirigés par le conseil d'arrondissement composé du maire de l'arrondissement, des conseillers de ville de l'arrondissement et des conseillers d'arrondissement, s'il y a lieu (les arrondissements élisent entre 0 et 3 conseillers d'arrondissements)[90]. Au total, les 19 arrondissements comprennent 39 conseillers d'arrondissement. Ils sont responsables, localement, de l'urbanisme, de l'enlèvement des matières résiduelles, de la culture, des loisirs, du développement communautaire, des parcs, de la voirie, de l'habitation, du personnel, de la prévention des incendies, de la gestion financière et des tarifications non fiscales[91].

Liste des arrondissements de Montréal
No  Nom Superficie
(km2)
Population (2016)[92] Densité
habitants / km2
1 Ahuntsic-Cartierville 24,2 134 245 5 547,3
2 Anjou 13,7 42 796 3 123,8
3 Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce 21,4 166 520 7 781,3
4 Lachine 17,7 44 489 2 513,5
5 LaSalle 16,3 76 853 4 714,9
6 Le Plateau-Mont-Royal 8,1 104 000 12 839,5
7 Le Sud-Ouest 15,7 78 151 4 977,8
8 L'Île-Bizard–Sainte-Geneviève 23,6 18 413 780,2
9 Mercier–Hochelaga-Maisonneuve 25,4 136 024 5 355,3
10 Montréal-Nord 11,1 84 234 7 588,6
11 Outremont 3,9 23 954 6 142,1
12 Pierrefonds-Roxboro 27,1 69 297 2 557,1
13 Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles 42,3 106 743 2 523,5
14 Rosemont–La Petite-Patrie 15,9 139 590 8 779,2
15 Saint-Laurent 42,8 98 828 2 309,1
16 Saint-Léonard 13,5 78 305 5 800,0
17 Verdun 9,7 69 229 7 137,0
18 Ville-Marie 16,5 89 170 5 404,2
19 Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension 16,5 143 853 8 718,4
TOTAL 365,2 1 704 694 4 667,8

Représentation provinciale[modifier | modifier le code]

Au niveau provincial, la représentation à l'Assemblée nationale du Québec se fait par des députés élus dans des circonscriptions. Vingt-sept circonscriptions sont situées à Montréal (bien que certaines d'entre elles chevauchent Montréal et d'autres villes).

Représentation fédérale[modifier | modifier le code]

Au niveau fédéral, la représentation à la Chambre des communes du Canada se fait par des députés élus dans des circonscriptions. Dix-huit circonscriptions sont situées à Montréal (bien que certaines d'entre elles chevauchent Montréal et d'autres villes).

La représentation au Sénat du Canada, quant à elle, se fait par des sénateurs nommés dans des divisions. Trois divisions sénatoriales sont situées à Montréal (bien que certaines d'entre elles chevauchent Montréal et d'autres villes)[93].

Jumelages et accords internationaux[modifier | modifier le code]

Pays Ville Région/Etat Date
Drapeau de la France France Montréal-la-Cluse Auvergne-Rhône-Alpes 1970[94]
Drapeau de la France France Montréal-les-Sources Auvergne-Rhône-Alpes 1972[95]
Drapeau de la France France Montréal-du-Gers Occitanie 1983[95]
Drapeau de la République populaire de Chine République populaire de Chine Shanghai Shanghai 1985[96]
Drapeau de la France France Lyon Auvergne-Rhône-Alpes
| bgcolor="#FFFFEF" | 1989[97]
|-
Drapeau des États-Unis États-Unis Boston Massachusetts 1995[97]
Drapeau d'Haïti Haïti Port-au-Prince Ouest 1995[97]
Drapeau d’Israël Israël Tel Aviv-Jaffa District de Tel Aviv 1996[97]
Drapeau de la République populaire de Chine République populaire de Chine Beihai Guangxi 1996[97]
Drapeau de l'Italie Italie Milan Lombardie 1996[97]
Drapeau de la Grèce Grèce Athènes Athènes-Centre 1997[97]
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam Hanoï Hanoï 1997[97]
Drapeau du Chili Chili Santiago Santiago 1997[97]
Drapeau de la Russie Russie Moscou Central 1997[97]
Drapeau de l'Équateur Équateur Quito Pichincha 1997[97]
Drapeau du Japon Japon Hiroshima Chūgoku 1998[98]
Drapeau de l'Arménie Arménie Erevan Erevan 1998[97]
Drapeau de l'Algérie Algérie Alger Alger 1999[97]
Drapeau de la Tunisie Tunisie Tunis Tunis 1999[99],[97]
Drapeau du Maroc Maroc Casablanca Casablanca-Settat 1999[97]
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud Busan Busan 2000[97]
Drapeau du Salvador Salvador San Salvador San Salvador 2001[97]
Drapeau du Nicaragua Nicaragua Managua Managua 2001[97]
Drapeau de la France France Paris Île-de-France 2006[100]
Drapeau du Mali Mali Bamako Bamako 2008[101]

Population et société[modifier | modifier le code]

Gentilé[modifier | modifier le code]

Le gentilé Montréalais, Montréalaise est employé pour désigner les habitants de Montréal. Cette dénomination française a été officialisée au printemps 2015[102]. Selon un linguiste québécois, le gentilé Montréalais a pour équivalent Montrealer en anglais, مونتريالي en arabe, Montrealés, montrealesa en espagnol, Montrealese en italien et 蒙特利尔人 en chinois[103].

Démographie[modifier | modifier le code]

Rue Prince-Arthur, début de la section piétonne, vue du boulevard Saint-Laurent.
Foule sur la rue Crescent à l'occasion du Grand Prix automobile du Canada 2011.

Montréal est la ville la plus peuplée du Québec, la deuxième ville la plus peuplée du Canada et le centre d'une agglomération de près de 4 millions d'habitants[104],[Note 4]. En 2016, on compte 1 704 694 Montréalais[105]. La densité moyenne de population dans la ville est 4 662 hab./km2. Elle atteint 13 096 hab./km2 dans le Plateau-Mont-Royal et 18 802 hab./km2 dans le quartier Parc-Extension.

L'immigration est le principal moteur de la croissance démographique montréalaise. Entre 2008 et 2009, l'île de Montréal accueille 40 005 nouveaux immigrants internationaux. Pour la même période, l'accroissement naturel amène 8 235 nouveaux Montréalais[106].

La population de la ville est relativement jeune : en 2006, selon Statistique Canada, le pourcentage d'habitants âgés de moins de 35 ans est 44 %[107], soit 2 points de plus que la moyenne québécoise, qui est 41,8 %[107]. L'âge médian y est 38,8 ans[107], soit un peu moins que la moyenne provinciale (41 ans).

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de la ville de Montréal
1801 1811 1821 1831 1841 1851 1861 1871 1881
9 00013 30018 76727 29740 35657 71590 323130 022176 263
1891 1901 1911 1921 1931 1941 1951 1961 1971
254 278325 653490 504618 506818 577903 0071 021 5591 201 5591 214 352
1981 1991 1996 2001 2006 2011 2016 2021 -
1 018 6091 017 6661 016 3761 039 5341 620 6931 649 5191 704 694--
Hôtel Le Saint-Sulpice, rue Saint-Sulpice.

La population de la ville de Montréal a connu sa principale période de croissance au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle. Durant cette période, la population de la ville, sans compter la banlieue, passe d'un peu moins de 60 000 habitants à plus d'un million d'habitants ; Montréal est la ville la plus peuplée du Canada jusque dans les années 1950.

En plus de l'immigration irlandaise au cours du XIXe siècle, l'industrialisation est le principal facteur de la croissance de la ville. Les habitants des campagnes environnantes migrent vers la ville pour y travailler dans les usines. La plupart des arrivants sont des Canadiens français et des Canadiens anglais provenant des milieux ruraux du Québec, de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick[110].

Immigration et groupes ethniques[modifier | modifier le code]

Top 25 des origines ethniques dans la RMR de Montréal (2016)
Comprend des réponses multiples[111]
Origine ethnique Population Pourcentage
Drapeau du Canada Canada 1 670 655 43,8%
Drapeau de la France France 870 245 21,7%
Drapeau de l'Italie Italie 279 800 7,0%
Drapeau de l'Irlande Irlande 239 460 6,0%
Drapeau de l'Angleterre Angleterre 138 320 3,4%
Drapeau d'Haïti Haïti 132 255 3,3%
Drapeau de l'Écosse Écosse 124 130 3,1%
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 108 775 2,7%
Premières Nations 101 915 2,5%
Drapeau du Québec Québec 92 115 2,3%
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 86 025 2,1%
Drapeau de l'Algérie Algérie 84 585 2,1%
Drapeau du Maroc Maroc 77 450 1,9%
Drapeau de l'Espagne Espagne 68 600 1,7%
Drapeau de la Grèce Grèce 66 395 1,7%
Drapeau du Liban Liban 68 765 1,7%
Drapeau de la Pologne Pologne 64 895 1,6%
Drapeau du Portugal Portugal 56 405 1,4%
Drapeau de la Russie Russie 49 275 1,2%
Drapeau de l'Inde Inde 48 485 1,2%
Drapeau de la Roumanie Roumanie 47 980 1,2%
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam 38 660 1,0%
Drapeau des Philippines Philippines 35 685 0,9%
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 35 050 0,8%
Drapeau de la Belgique Belgique 31 840 0,8%

La population d'origine européenne est en vaste majorité d'ascendance française, irlandaise, anglaise et italienne, toujours selon Statistique Canada[112]. Les quatre groupes ethniques en importance sur l'île de Montréal étaient, en 2001, les Canadiens (population établie au Canada depuis plusieurs générations) à 55,7 % (1 885 085), les Français à 26,6 % (900 485), les Italiens à 6,6 % (224 460) et les Irlandais à 4,7 % (161 235)[112].

Dans la ville de Montréal, toujours en 2001, les descendants de francophones ou anglophones canadiens d'identité ancestrale française et britannique étaient majoritaires. Ceux identifiés en tant que Canadiens d'identité dite ancestrale, selon la loi sur les langues officielles du Canada, sont en effet majoritairement de descendance française, irlandaise, anglaise et écossaise, ou leurs familles ayant élu domicile sur le territoire depuis plusieurs générations.

En 2016, les principales minorités visibles étaient, en ordre d'importance, les Afro-Canadiens qui comptaient pour 9,5 % de la population totale et les Arabes pour 6,9 %[113], une augmentation de 17 % par rapport à 2011[114].

Communautés culturelles[modifier | modifier le code]

La répartition des communautés culturelles montréalaises varie grandement en fonction des arrondissements[115]. Plus de 200 communautés sont présentes, ayant créé leur quartier dès le XVIIe siècle, ou jusqu'aussi récemment qu'au XXIe siècle[116].

Langues[modifier | modifier le code]

Carte de l'île de Montréal indiquant la langue maternelle selon les secteurs.
Répartition linguistique de la langue la plus parlée à la maison sur l'île de Montréal en 2011.
de 40 à 90 % francophone
de 40 à 70 % anglophone
de 40 à 60 % allophone
  • 30-40 % Franco-Anglo
  • 30-40 % Franco-Allo
  • 30-40 % Anglo-Allo
  • +30 % Égalité

Selon les données du recensement de 2006, la majorité des habitants de la communauté métropolitaine de Montréal (environ 65 %) a le français pour langue maternelle, une part non négligeable (23 %) de la population est néo-canadienne, n'ayant ni le français ni l'anglais comme langue d'origine, tandis qu'environ 12 % se déclarent anglophones[117].

Selon la même source, sur l'ensemble de l'île de Montréal, le constat change alors qu'environ 50 % de la population se déclare francophone, 34 % allophone et 16 % anglophone. Cependant, la majorité des citoyens ont à tout le moins une connaissance pratique de la langue majoritaire et la plupart des allophones ont le français ou l'anglais comme langue seconde[118]. Près de 53 % des Montréalais sont bilingues français et anglais, 29 % des gens parlent uniquement le français et 13 % des Montréalais parlent seulement l'anglais (surtout concentrés dans l'Ouest de l'île de Montréal).

Certaines personnes ne sont capables de communiquer ni en français ni en anglais. Cependant, la tendance qu'ont les nouveaux immigrants à apprendre la langue majoritaire s'est accélérée depuis l'introduction de la Charte de la langue française durant les années 1970. L'italien, le portugais, l'espagnol et le roumain sont les autres langues romanes utilisées à Montréal ; l'allemand, le grec, le yiddish mais aussi le berbère (kabyle), l'arabe, le mandarin, le cantonais, le vietnamien, le créole haïtien et le hindi sont également des langues utilisées à Montréal (due à l'immigration). L'usage du français à la maison, en général, a progressé dans la communauté métropolitaine de Montréal[119]. La population anglophone a continué de diminuer de 1996 à 2001. Sa proportion est passée de 13,7 % en 1996 à 12,8 % en 2001 puis 11,8 % en 2011[réf. souhaitée]. La proportion de francophones s'est légèrement accrue durant cette période quinquennale, passant de 67,9 % à 69,1 %[réf. souhaitée], puis 85,7 % de personnes sachant parler français en 2011[119].

Par ailleurs, les statistiques de 2006 affichent un renversement de la tendance. En effet, tous les arrondissements de la ville ont vu leur proportion de locuteurs francophones diminuer depuis 2001. En cinq ans, cette variation est d'une amplitude variable selon les districts, allant d'une hausse de 1 % dans Loyola (arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce) à une baisse de 29 % dans Sainte-Geneviève (arrondissement de L'Île-Bizard―Sainte-Geneviève)[120]. La régression du français dans la ville de Montréal est un sujet récurrent dans les médias francophones québécois. Elle doit cependant être nuancée dans la mesure où cette baisse en pourcentage ne se fait pas au profit d'une langue unique mais d'une multitude de langues, conséquence de l'accueil d'un grand nombre d'immigrants de langue maternelle autre que le français et l'anglais. D'autre part, le français reste la langue de travail majoritaire (66,5 % des réponses uniques au recensement de 2006)[121].

Ville avec la plus forte proportion de trilingues au Québec et au Canada

Depuis longtemps[Quand ?] une ville avec un fort bilinguisme français-anglais, Montréal fait maintenant parti des villes du Québec et du Canada où le taux de trilinguisme est le plus élevé, en raison notamment de la présence d'immigrants polyglottes[122],[123]. Les néo-Montréalais sont trilingues à plus de 44 % alors que les natifs de Montréal, francophones et anglophones, ne le sont qu'à 3 %[124]. Le phénomène va s’accélérer au fil des années à venir avec une immigration qui vise à pallier un faible indice de fécondité[réf. nécessaire].

Officiellement, l'arabe est la troisième langue parlée dans l'Île de Montréal après le français et l'anglais. Les locuteurs de l’arabe à la maison seraient 160 000 pour 140 000 hispanophones[125]. Toutefois, ces chiffres ne tiennent pas compte de l’attrait qu'exerce l'espagnol sur les Montréalais natifs qui voyagent ou apprennent la langue de Cervantes. Selon le sociologue Victor Armony (2017), l’espagnol serait déjà la troisième langue la plus parlée au Québec avec 350 000 locuteurs se disant capable de maintenir une conversation en espagnol contre 210 000 pour l’arabe. D'ailleurs, le recensement de 2016 stipule que 280 000 Montréalais ont déclaré avoir une certaine connaissance de l’espagnol contre seulement 241 000 pour l’arabe[126].

Religions[modifier | modifier le code]

Selon les données de Statistique Canada de 2011, Montréal est une ville majoritairement catholique ; 53 % de la population adhère à cette confession chrétienne[127]. Les Montréalais sans appartenance religieuse sont le second groupe en importance, représentant 18 % de la population[127]. Les trois autres groupes importants sont les musulmans, les orthodoxes et les protestants[127]. Montréal accueille également de plus petites communautés Judaïques, bouddhistes, sikhes, hindouesetc.[127]

Christianisme[modifier | modifier le code]

De passage dans la ville en 1881, l'écrivain américain Mark Twain baptise Montréal la « ville aux cent clochers[128] ». Cela illustre la grande quantité d'églises catholiques romaines et protestantes que comptait la ville. À lui seul, l'archidiocèse de Montréal compte d'ailleurs 189 paroisses actives en 2018 [129],[130].

Catholiques[modifier | modifier le code]

Les chrétiens catholiques de la métropole font partie de l'archidiocèse de Montréal, dont l'archevêque est rattaché à la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde[131]. La ville compte plusieurs autres lieux de culte catholiques importants tels que l'oratoire Saint-Joseph, le lieu de pèlerinage le plus important dédié à saint Joseph[132], la basilique Notre-Dame et la basilique Saint-Patrick. Traditionnellement catholique, le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, situé sur le flanc nord du mont Royal, est le plus grand cimetière au Canada[133]. L'Église catholique trouve la majorité de ses fidèles au sein de la majorité canadienne-française et des communautés d'origine irlandaise, italienne, portugaise, polonaise et haïtienne. On retrouve aussi plusieurs communautés catholiques orientales, proches des orthodoxes.

Protestants[modifier | modifier le code]

Historiquement associés aux Anglo-Québécois, les protestants montréalais sont principalement anglicans[134]. Ces derniers font partie du Diocèse anglican de Montréal, dont le siège se trouve à la cathédrale Christ Church[135]. L'Église Unie du Canada, la plus importante dénomination protestante au pays, possède comme lieu de culte notable l'église unie Saint-James. Du côté évangélique, la première église baptiste est établie dans la ville en 1831 par John Gilmour, un pasteur anglais[136]. Fondée en 1916, l'Evangel Pentecostal Church est la première église pentecôtiste de Montréal et du Québec[137]. Le cimetière Mont-Royal dessert traditionnellement la communauté protestante[138].

Orthodoxes[modifier | modifier le code]

Le christianisme orthodoxe trouve la majorité de ses membres auprès des communautés grecques, russes, roumaines et arabes. On compte, par exemple, l'église orthodoxe antiochienne Saint-Georges, classée lieu historique national du Canada[139].

Islam[modifier | modifier le code]

Mosquée Al-Omah Al-Islamiah de Ville-Marie.

Presque absent avant la seconde moitié du XXe siècle, l'islam a connu une forte progression au Québec depuis l'élimination de la discrimination racialiste dans les politiques d'immigration canadiennes en 1962[140],[141]. On compte aujourd'hui[Quand ?] plus de pratiquants musulmans que de pratiquants catholiques à Montréal[142]. Entre 2001 et 2011, la population musulmane a presque doublé dans la ville, passant de 81 000 à 155 000 croyants en l'espace de 10 ans[127]. Cette tendance est principalement due à l'immigration en provenance de l'Algérie, du Maroc, de la Tunisie et du Liban[140]. Contrairement à la France, l'Allemagne ou au Royaume-Uni, il n'y a pas de domination d'un groupe ethnique musulman particulier à Montréal[143] ; 70 % des musulmans sont sunnites et 30 % sont chiites[144]. Un peu plus d'une cinquantaine de lieux de culte musulmans existent dans la grande région de Montréal[143].

Judaïsme[modifier | modifier le code]

La communauté juive (Juifs laïcs et Juifs pratiquants) de Montréal, établie surtout depuis le début du XXe siècle, est principalement concentrée dans les arrondissements d'Outremont, de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et de Saint-Laurent ; autour des villes enclavées de Côte-Saint-Luc et Hampstead, où les Juifs sont majoritaires[145]. On compte 80 000 Juifs dans la ville de Montréal et plus de 120 000 sur l'île[145].

Géographiquement proche de Montréal se trouve la communauté juive hassidique Kiryas Tosh de Boisbriand.

Société civile et droits civiques[modifier | modifier le code]

Avec son quartier gai, le Village, le plus grand quartier gai en Amérique du Nord et l'un des plus grands au monde, Montréal est l'un des pôles de la vie gaie et lesbienne au Canada. Montréal a été choisie, entre 1999 et 2000, afin de faire partie du groupe sélect de capitales gaies mondiales, comprenant, en 1999, les villes de Montréal, Paris, Munich, Manchester, Sydney et, en 2000, Amsterdam, Berlin, Manchester. En 2006, elle a accueilli les premiers Outgames mondiaux (Jeux olympiques LGBT)[146].

Sports[modifier | modifier le code]

Stade olympique, avec sa tour, terminée après les jeux olympiques.

Les Montréalais pratiquent plusieurs types d'activités sportives sur une base récréative grâce à la présence de nombreux clubs sportifs amateurs et associations sportives locales. La popularité des sports y est aussi favorisée par l'existence d'un réseau de terrains extérieurs et d'installations intérieures (aréna, gymnase, terrain intérieur de soccer)[147]. L'hiver, des anneaux de glace et des patinoires sont aménagés à l'extérieur[148]. Le lac aux Castors[149],[150] sur le mont Royal et l'anneau de glace dans le vieux-port[151] permettent aux Montréalais de renouer avec la pratique du patinage dans une ambiance familiale. Le ski de fond est également une activité populaire et plusieurs centaines de kilomètres de sentiers balisés sont entretenus par la ville dans les parcs[152].

Événements sportifs[modifier | modifier le code]

Au cours de son histoire, Montréal a été l'hôte de plusieurs événements sportifs majeurs, dont les Jeux olympiques d'été de 1976, les championnats mondiaux d'escrime en 1967, de cyclisme sur piste et de cyclisme sur route en 1974, d'aviron en 1984, de natation en 2005, la coupe Rogers de tennis, le Grand Prix du Canada de Formule 1.

Jeux olympiques :

Course automobile :

Cyclisme :

Golf :

  • Championnat de Montréal du circuit Champions Tour de la PGA s'établit à Montréal en 2010 et, cela pour plusieurs années consécutives[159] (Il y a déjà eu des éditions de 1904, 1908, 1913, 1926, 1935, 1946, 1950, 1956, 1959, 1967, 1997 et 2001 — mais jamais un tournoi consacré à Montréal pour plusieurs années) ;
  • 7e Presidents Cup, du 27 au [160].

Marathon :

Natation :

Soccer[164] :

La patinoire du centre Bell.

Tennis :

  • Masters de tennis du Canada, depuis 1989. Lors des années paires Montréal reçoit les femmes (WTA), alors que les années impaires Montréal reçoit les hommes (ATP), en alternance avec Toronto. En 2009, le tournoi de la coupe Rogers établit un record d'assistance, devenant le premier tournoi d'une semaine à attirer une affluence de plus de 200 000 spectateurs. C'était également la première fois que les huit meilleurs joueurs au monde, selon le classement ATP, se retrouvaient tous en quart de finale[166].

Jeux du Québec :

  • Montréal a accueilli les Jeux du Québec durant les hivers 1972, 1977, 1983 et les étés 1997, 2001 et 2016[167].

Outgames mondiaux :

  • Montréal a accueilli les premiers Outgames mondiaux du au sous le nom de Rendez-vous Montréal 2006.

Équipes sportives les plus importantes[modifier | modifier le code]

Le sport professionnel à Montréal constitue une dimension essentielle de l'intégration de Montréal au continent nord-américain. Montréal possède plusieurs équipes sportives professionnelles qui sont des franchises de grandes ligues continentales.

Franchises sportives majeures actuelles :

Club Ligue Enceinte Fondation Championnats
Canadiens de Montréal[168] LNH (hockey sur glace) Centre Bell 1909 24 (23 NHL, 1 Avant la LNH)
Club de Foot Montréal Première division USL (1993-2011) MLS (2012-) (soccer) Stade Saputo 1993 3 Coupe USL / 10 Championnat Canadien
Alouettes de Montréal LCF (football canadien) Stade Percival-Molson 1946 7
Royal de Montréal American Ultimate Disc League (ultimate) Complexe sportif Claude-Robillard 2014 0

Franchises majeures passées :

Club Ligue Enceinte Existence Championnats
Expos de Montréal MLB (baseball) Stade olympique de Montréal 1969-2004 0
Maroons de Montréal LNH Forum de Montréal 1924-1938 2
Manic de Montréal Ligue nord-américaine de soccer (LNAS) Stade olympique 1981-1983 0
Express de Montréal Ligue Nationale de Crosse Centre Bell 2004 0
Roadrunners de Montréal Ligue Nationale de Roller-Hockey Centre Molson 1996-1999 0
Machine de Montréal World League of American Football Stade olympique 1991-1992 0


Santé[modifier | modifier le code]

Le réseau montréalais de la santé et des services sociaux compte 10 établissements : 5 centres intégrés universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) et 5 établissements non fusionnés.

Centres intégrés de santé et de services sociaux[modifier | modifier le code]

Comme leurs noms l'indique, les CIUSSS sont des organismes publics chargés de prodiguer soins et services sociaux dans une région donnée. Outre des centres hospitaliers, ils regroupent des centres d’hébergement et de soins de longue durée, des centres locaux de services communautaires, des centres de protection de l’enfance et de la jeunesse et des centres de réadaptation.

CIUSSS Installations de santé principales
Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal [2] Hôpital général juif
Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal [3] Hôpital chinois de Montréal, Institut universitaire de gériatrie de Montréal, Institut Raymond-Dewar
Ouest-de-l'Île-de-Montréal Hôpital Sainte-Anne, Institut universitaire en santé mentale Douglas
Nord-de-l'Île-de-Montréal Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal
Est-de-l'Île-de-Montréal Institut universitaire en santé mentale de Montréal, Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Établissements non fusionnés[modifier | modifier le code]

Centre universitaire de santé McGill (CUSM)[modifier | modifier le code]
Le site Glen du CUSM.

Fondé en 1997 de la fusion de plusieurs hôpitaux bilingues, le CUSM emploie 1 587 médecins, dentistes et pharmaciens, 2 715 chercheurs et enseignants et reçoit plus de 700 000 patients chaque année[169]. Les installations principales se trouvent au sein du super-hôpital du site Glen, construit en 2015.

Centre hospitalier de l’UdeM (CHUM)[modifier | modifier le code]
Maquette du CHUM.

Le CHUM emploie 881 médecins, 1 300 chercheurs et enseignants et reçoit plus de 500 000 patients en hospitalisation chaque année. Depuis 1995, il regroupe les hôpitaux à dominante francophone suivants :

Éducation[modifier | modifier le code]

Le collège privé Notre-Dame.

Montréal est constamment en tête de file des meilleures villes étudiantes au monde. Ainsi en 2013, selon The Economist, Montréal se classe au premier rang mondial comme destination pour des études à l'étranger, devant Londres[170]. Selon le palmarès 2017 de QS Best Student Cities, la métropole québécoise serait la meilleure ville au monde où étudier[10]. Avec plus de 170 000 étudiants, la ville est au deuxième rang des métropoles nord-américaines quant au nombre d'étudiants universitaires par habitant[171]. En 2011, plus de 60 % de la population montréalaise détenait un certificat, diplôme ou grade de niveau post-secondaire[172].

Enseignement primaire et secondaire[modifier | modifier le code]

Dès 1658 est fondée, par Marguerite Bourgeoys, une première école catholique, sur l'actuelle rue Saint-Dizier dans le Vieux-Montréal.

La ville compte environ[Quand ?] 250 000 élèves (80 % dans le système francophone) dans un total de 268 écoles primaires (233 francophones et 35 anglophones), 75 écoles secondaires (58 francophones, 16 anglophones et 1 bilingue), 26 centres d'éducation aux adultes (14 francophones et 12 anglophones) ainsi que 37 écoles spécialisées[173],[174]. L'administration de ces établissements d'enseignement est partagée par cinq commissions scolaires dont trois sont francophones (f) et deux anglophones (a) :

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Avec quatre universités, sept institutions supérieures et 12 cégeps dans un rayon de 8 kilomètres, Montréal aurait la plus importante concentration d'étudiants post-secondaires parmi les grandes villes d'Amérique du Nord (4,38 étudiants pour 100 habitants en 1996, suivie par Boston avec 4,37)[175].

Collèges[modifier | modifier le code]

Le système éducatif du Québec est différent des autres systèmes nord-américains. Après le secondaire (qui s'achève à la onzième année) les étudiants peuvent poursuivre dans les collèges d'enseignement général et professionnel (cégeps), offrant des programmes pré-universitaires (2 ans) et techniques (3 ans). À Montréal, 17 cégeps offrent des cours en français et 5 en anglais. En plus de ces établissements publics, Montréal possède neuf collèges privés et deux établissements de niveau collégial de formation professionnelle.

Universités francophones[modifier | modifier le code]
L'Université de Montréal, sur le flanc nord du mont Royal.
Universités anglophones[modifier | modifier le code]
Le pavillon des arts de l'Université McGill.

Économie[modifier | modifier le code]

L'édifice de la Banque de Montréal face à la place d'Armes, dans le Vieux-Montréal.

Seconde métropole du Canada, Montréal est un centre culturel, industriel, commercial et financier important, dont la prospérité repose « sur des échanges soutenus de biens avec des marchés régionaux et internationaux »[179].

La ville et sa région immédiate possèdent l'économie la plus diversifiée au Canada[180]. Les industries montréalaises incluent les télécommunications, l'aéronautique, la pharmaceutique, les hautes technologies, les études supérieures, les jeux vidéo, le textile, la mode, l'électronique, le matériel de transport, le tabac et l'imprimerie. Parmi les compagnies importantes ou particulièrement connues de la région montréalaise, on peut citer Bombardier, Hydro-Québec, BCE, Power Corporation, le Canadien National, la Banque nationale du Canada, Air Canada, Rio Tinto Alcan, SNC-Lavalin, Saputo, CGI, Québecor, Domtar, Air Transat, Transcontinental et Métro Richelieu.

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Avec l'étalement urbain, les terres arables disparaissent de Montréal, sauf à l'extrême ouest de l'île où est conservé un parc agricole de 191 ha[181]. L'agriculture en serre sur les toits de la ville se développe avec des initiatives citoyennes ou commerciales comme les Fermes Lufa depuis 2011[182]. Jusque dans les années 1930, Montréal comptait plusieurs carrières de pierre calcaire. Celles qui ne sont pas remblayées sont converties en sites d'enfouissement ou dépôt à neige[183],[184]. Seule la carrière de granulat Lafarge de Montréal-Est, datant de 1910, est encore en activité[185]. De l'une des carrières devenues décharges puis parcs urbains, du biogaz est extrait qui permet la production d'électricité.

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

La raffinerie Suncor de Montréal-Est.

Montréal est une importante ville portuaire, à l'embouchure de la voie maritime du Saint-Laurent qui la relie aux centres industriels des Grands Lacs. En tant que port le plus important de l'Est du Canada, c'est un point de transbordement pour les céréales, les produits pétroliers, la machinerie et les produits manufacturés. Premier port du pays en termes de trafic de conteneurs, le trafic y totalisait près de 26 millions de tonnes métriques de marchandises[186]. Pour cette raison, la ville fait partie de l'axe principal des chemins de fer canadiens et demeure une ville ferroviaire majeure[187].

L'industrie pétrochimique, très présente à l'est de l'île, formait jusqu’à la fermeture de la raffinerie Shell en 2010 le plus grand centre de raffinage de la province. Depuis, les raffineries de Suncor et Gulf Oil conservent une capacité combinée de 225 000 barils par jour. Le pétrole et les produits distillés y sont transportés par quatre oléoducs, par trains, bateaux et camions. Les carburants n'y sont cependant pas la seule production, les usines de Parachem, Indorama PTA et Selenis forment par exemple une chaîne complète de synthèse du polyester[188].

L'industrie aéronautique emploie environ 40 000 personnes dans la région montréalaise[189]. Cette industrie, qui comprend des maîtres d’œuvre, dont Bombardier Aéronautique et Bell Helicopter sont les plus importants, des équipementiers (Honeywell, Lokheed Martin, Thales) et des sous-traitants, produit la principale exportation montréalaise.

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

L'édifice de la banque BNP-Paribas et de la tour de la Banque Laurentienne sur l'avenue McGill College.

Montréal possède un marché boursier avec la bourse de Montréal. Depuis le , cette dernière est unie au Chicago Climate Exchange afin de créer le marché climatique de Montréal, un marché de produits environnementaux[190].

L'industrie vidéoludique connaît une explosion depuis 1997 et l'ouverture d'Ubisoft Montreal. Plus récemment[Quand ?], la ville a attiré des studios de renommée mondiale tels que Electronic Arts, Eidos Interactive, BioWare, THQ et Gameloft. Grâce à une main d'œuvre locale spécialisée et des crédits d'impôts aux entreprises, Montréal est devenu l'un des cinq pôles mondiaux de développement de médias numériques interactifs avec 85 entreprises et 5 300 emplois[191].

En 2012, l'agglomération de Montréal accueille presque 8 millions de touristes, en hausse de 6,5 % depuis 2008[192]. Traveler's Digest et askmen.com ont classé Montréal parmi les « 29 villes à visiter » dans le monde[193].

Organisations[modifier | modifier le code]

Deuxième ville onusienne et deuxième ville consulaire d'Amérique du Nord, après New York[194], Montréal possède près de 72 sièges d'organisations internationales, dont 67 organisations non gouvernementales (ONG)[195]. Parmi celles-ci, se trouvent notamment :

De plus, plusieurs organisations travaillent au rayonnement économique de l’agglomération : la Chambre de commerce du Montréal métropolitain au niveau de la concertation des gens d'affaires, Montréal International pour attirer organismes internationaux et investisseurs étrangers ainsi que Tourisme Montréal pour faire la promotion du tourisme vers la métropole québécoise. En 2011, l'Union des associations internationales classe Montréal au premier rang en Amérique des villes accueillant des évènements associatifs internationaux. En 2012, le palais des congrès de Montréal est finaliste pour le prix APEX du meilleur centre de congrès au monde[196],[197].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Montréal générait, au 4e trimestre 2015, un produit intérieur brut (PIB) de 169 milliards de dollars canadiens de 2002, représentant 53 % du PIB du Québec et 10 % du PIB du Canada[198].

Vieux-Montréal vu du Vieux-Port.

Les secteurs d'activités de la population montréalaise sont[199] :

  • Services à la consommation : 25 % ;
  • Services gouvernementaux, d'enseignement et de santé : 20,8 % ;
  • Secteur manufacturier : 16,8 % ;
  • Services à la production : 14,2 % ;
  • Services de distribution : 9,2 % ;
  • Secteur de la construction : 2,7 %.

En , le taux de chômage était de 7,3 % sur l'île de Montréal[200], avec un taux de faible revenus de 14,7 % dans la ville en 2014[201]. Les taux les plus élevés se rencontrent dans les arrondissements de Ville-Marie, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Verdun, Sud-Ouest, Lasalle et Montréal-Nord[199].

Selon un rapport du Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion, depuis 1997 la pauvreté avait reculé partout au Québec sauf à Montréal[202]. Un rapport fédéral de 2015 a identifié 3 016 itinérants dans la ville[203].

Les loyers ont beaucoup augmenté en quelques années, aboutissant à une crise du logement. En 2021, plus de 100 000 familles aux revenus modestes habitent des logements trop petits ou insalubres[204].

Transports[modifier | modifier le code]

Autoroute 15/20, direction sud, kilomètre 62.

Si la municipalité de Montréal a le plus faible taux de motorisation des villes canadiennes et américaines[205], l'automobile demeure le moyen de transport dominant dans la région métropolitaine. En 2006, 70 % des personnes actives de la région métropolitaine se rendaient à leur travail en automobile comme conducteur ou passager[206] ; cette proportion tombe à 53,2 % chez les habitants de la ville[207], un nombre grandement inférieur à la proportion québécoise qui avoisine les 78 %[206].

Réseau routier et autoroutier[modifier | modifier le code]

L'aménagement des voies à Montréal est le résultat de la superposition d'un découpage en damier, très répandu dans les grandes villes nord-américaines, à un découpage plus ancien, composé de côtes et de rangs, établi lors du régime seigneurial français[208].

À la fin du XVIIe siècle, Montréal est une petite ville fortifiée ; son territoire correspond au Vieux-Montréal actuel. Le sulpicien François Dollier de Casson planifie le tracé des rues à l'intérieur des fortifications en 1672[208]. Au XVIIIe siècle, la croissance de la population entraine la création des premiers faubourgs aux portes de la ville ; le faubourg des Récollets à la porte ouest, le faubourg Saint-Laurent à la porte nord et le faubourg Québec à la porte est.

Au XIXe siècle, le faubourg Saint-Laurent connaît une forte croissance, au-delà l'escarpement de la rue Sherbrooke, grâce au tramway. En son cœur, le boulevard Saint-Laurent, une montée perpendiculaire au fleuve Saint-Laurent, qui traverse l'île de Montréal, devient la première artère « nord-sud » de la ville, orienté en réalité nord-ouest/sud-est. En effet, par convention, on entend par orientation est/ouest ce qui est parallèle au fleuve Saint-Laurent, partout au Québec. La plus grande partie du développement s'effectuera à partir de cet axe, aussi appelé la « Main »[209].

Lotissement des rues Chambord et De Brébeuf en 1879, entre l'avenue du Mont-Royal et la rue Gilford, sur le Plateau-Mont-Royal.

La majorité des lotissements de Montréal sont érigés avant la seconde moitié du XXe siècle. La grille des rues forme des pâtés de maisons étroits et profonds établis en rangs perpendiculaires au fleuve Saint-Laurent. Densément peuplés, ils sont souvent entrecoupés sur la longueur par une ruelle qui dessert l'arrière des bâtiments[210].

Montréal est construite sur un archipel d'îles fluviales qui n'est pas directement accessible du reste du continent. Comme la plupart des grandes villes, elle est confrontée au problème de congestion automobile qui n'est qu'aggravé par sa situation insulaire. Il faut en moyenne 31 minutes à l'automobiliste de la région de Montréal pour se rendre à son travail ; le quart des automobilistes mettant plus de 45 minutes[211]. À cause de sa forte urbanisation, Montréal connaît aussi des heures de pointe le samedi et le dimanche.

L'extrémité ouest de l'autoroute 10 et de l'autoroute Bonaventure, dans le centre-ville, alors qu'elle devient le boulevard Robert-Bourassa.

Montréal est le centre nerveux d'un réseau de 1 770 kilomètres d'autoroutes construit principalement entre la fin des années 1950 et le milieu des années 1970 dans sa périphérie[212]. 17 ponts routiers et un tunnel permettent la traversée des cours d'eau qui encerclent la ville. On compte parmi eux le pont Samuel-De Champlain, le pont le plus achalandé du Canada[213].

L’île de Montréal comporte de nombreux axes rapides dont le principal est l'autoroute 40, la seule à la traverser d'ouest en est. Segment de la route transcanadienne, elle est la plus achalandée de la métropole et sa section métropolitaine, en partie surélevée, en est la plus congestionnée, et ce depuis sa création. Perpendiculaire à l'A-40, l'autoroute 15, qui s’étend des Laurentides à la frontière Américaine, passe par une tranchée au centre de l’île appelée autoroute Décarie, du nom du boulevard qu'elle longe.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Quais de la station Berri-UQAM, la plus fréquentée du métro de Montréal.

Le transport collectif sur l'île de Montréal est l'un des plus efficaces, rapides et ponctuels en Amérique du Nord ; la Société de transport de Montréal (STM) qui l'administre a été nommée, en 2010, meilleure société de transport en Amérique du Nord par l’American Public Transportation Association[214]. À Montréal, 35 % des actifs se rendent au travail en transport en commun[207] ; cette proportion atteignant 49 % pour les nouveaux arrivants[215]. Au total, la STM enregistre 466 millions de déplacements en termes d'achalandage conventionnel et 374,9 millions en termes d'achalandage électronique durant l'année 2019. L'achalandage a vu une hausse de 2,6% depuis 2018[216].

Le métro de Montréal constitue l'épine dorsale du système métropolitain de transport en commun avec environ 1,2 million de passagers par jour[217]. Le métro compte 68 stations réparties en quatre lignes qui s'étendent sur 71 kilomètres[218]. Conçu sur le modèle du métro parisien, le réseau montréalais a pour particularité d’être entièrement souterrain et ses rames d’être dotés d'un système de roulement sur pneumatiques. Chaque station possède une architecture particulière et des œuvres d'art public sont réparties dans la plupart d'entre elles[219].

En surface, les tramways ont été remplacés depuis 1959 par 225 lignes d'autobus et 8 500 arrêts, desservis par un total de 1 869 autobus et 93 minibus de transport adapté[220]. La ligne d'autobus la plus fréquentée est la 139 Pie-IX avec une moyenne de 32 313 déplacements par jour de semaine[221]. On compte moins d'un million de passagers par jour ouvrable à bord des autobus de la STM[217].

Terminaux aériens, ferroviaires, routiers et fluviaux[modifier | modifier le code]

Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal.

Montréal compte quatre principaux terminaux de transports de passagers :

Cyclisme urbain[modifier | modifier le code]

Montréal est fréquemment citée parmi les dix plus importantes villes cyclistes au monde[227]. De mai à décembre, 22 % des Montréalais utilisent le vélo comme principal moyen de transport, soit le double de la moyenne québécoise[228]. L'arrondissement où l'on compte la plus forte proportion de déplacements à vélo est le Plateau-Mont-Royal, où près du dixième de tous les déplacements sont faits à bicyclette[229]. On dénombre quotidiennement, hormis l'hiver, de 14 000 à 17 500 cyclistes dans le centre-ville[230].

Montréal possède un réseau de 650 kilomètres de pistes cyclables en constant développement[231]. Depuis 2020, l'administration de Valérie Plante implante le Réseau express vélo, un important réseau d'aménagements urbains afin de sécuriser les déplacements à vélo dans la métropole québécoise en séparant la voie réservée aux automobiles de celle des cyclistes. La Route verte compte 80 kilomètres à Montréal ; les sections les plus notables sont celles longeant les rives du canal Lachine, du Vieux-Port à LaSalle ainsi que le circuit Gilles-Villeneuve[232].

La ville de Montréal peut compter sur un important réseau de vélos en libre-service, le BIXI. Depuis sa création en 2009, le système s'est exporté dans plus d'une vingtaine de villes à travers le monde, notamment Londres, Melbourne et New York[233]. BIXI Montréal compte 5 120 vélos répartis dans plus de 450 stations, principalement dans les arrondissements centraux de la ville[234]. En 2010, 3,3 millions de déplacements en BIXI étaient enregistrés[235] et le réseau comptait plus de 30 000 abonnés[236].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

En 2010, Montréal est classée au 19e rang mondial pour sa qualité de vie selon le magazine britannique Monocle[237].

Parcs et jardins[modifier | modifier le code]

Le parc du Mont-Royal en automne.

Montréal est dotée d'une quantité appréciable d'espaces verts ; ses 17 grands parcs urbains occupent 6 % du territoire de la ville, soit une superficie d'environ 20 km2.

Parmi ceux-ci, les plus connus[Par qui ?] et fréquentés[réf. nécessaire] sont :

Le Parc olympique[238] est situé dans l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve[239]. On retrouve notamment sur le site le Biodôme, l'Insectarium, le Jardin botanique, ainsi que le Planétarium, qui ensemble forment l'Espace pour la vie, un complexe muséal qui se veut « repenser le lien qui unit l'être humain à la nature[240] ».

Architecture[modifier | modifier le code]

Silos de la compagnie Farine Five Roses dans le Vieux-Port.

Pendant plus d'un siècle et demi Montréal est le centre financier et industriel du Canada. Il en résulte un héritage architectural offrant une grande variété de constructions à vocation industrielle ou commerciale, incluant usines, minoteries, hangars et autres raffineries qui présentent aujourd'hui un aperçu de l'histoire de la ville, particulièrement au niveau du centre-ville et du Vieux-Port. Il y a 50 lieux historiques nationaux à Montréal, plus qu'aucune autre ville canadienne.

Dans la partie méridionale de l'île, le Vieux-Montréal, déclaré arrondissement historique en 1964[241], offre de nombreux centres d'intérêt, notamment le Vieux-Port, la place Jacques-Cartier, l'hôtel de ville, la place d'Armes, et la basilique Notre-Dame.

Patrimoine bâti[modifier | modifier le code]

Les plus vieux édifices de la ville toujours debout datent de la fin du XVIIe siècle, début du XVIIIe siècle. La plupart sont regroupés dans l'aire du Vieux-Montréal, tel le séminaire des Sulpiciens datant de 1687 et le château Ramezay, construit en 1705 et successivement demeure, quartier général, cour de justice, établissement d'éducation et finalement musée.

Les premiers bâtiments sont caractérisés par leur influence française unique et leur construction en pierre grise. L'époque des explorateurs français est commémorée par la préservation de deux de leurs maisons dans le Vieux-Montréal, soit celle d'Antoine Laumet de La Mothe, sieur de Cadillac, fondateur de la ville de Détroit aux États-Unis, à l'angle des rues Notre-Dame et Saint-Laurent, et celle de René-Robert Cavelier de La Salle, explorateur de la région du Mississippi, à l'angle des rues Saint-Paul et Saint-Pierre[242].

Sur la rue Saint-Jacques pavoisent les impressionnants sièges, construits au XIXe siècle, de toutes les grandes banques canadiennes.

La Biosphère sur l'île Sainte-Hélène, ancien pavillon des États-Unis lors de l'Expo 67. Architecte : Buckminster Fuller.

L'architecture du XXe siècle n'est pas en reste avec le pavillon principal art déco de l'Université de Montréal d'Ernest Cormier, l'emblématique stade olympique et sa tour inclinée (la plus haute du monde) conçus par l'architecte français Roger Taillibert, ou encore les legs de l'Expo 67 que sont le dôme géodésique de Buckminster Fuller et l'Habitat 67 de Moshe Safdie.

Le centre-ville de Montréal.

Parmi les gratte-ciel de Montréal, seulement sept dépassent hors antenne les 150 mètres de hauteur, et un seul les 200 mètres[243]. Les bâtiments les plus élevés, que sont le 1000 de La Gauchetière, le 1250 René-Lévesque, la tour CIBC et la tour de la Bourse, ont tous été bâtis au début des années 1960 et 1990. C'est en 1928 qu'un bâtiment dépassait pour la première fois les 100 mètres (l'édifice de la Banque Royale, 121 m, 22 étages), record battu d'un mètre par l'édifice Sun Life trois ans plus tard[244][source insuffisante]. Le premier gratte-ciel inaugurant le « style international » à Montréal, tout en dépassant cette hauteur, est la tour Telus (1962)[245]. La plus célèbre tour de la ville est la place Ville-Marie (1962). Conçue par l'architecte Ieoh Ming Pei, il fut le premier gratte-ciel à dépasser les 150 mètres (43 étages, 188 m), sa construction coïncidant avec le déplacement du centre-ville en son site actuel. Cette tour cruciforme est sise au-dessus d'un centre commercial souterrain qui constitue la plaque tournante de la ville souterraine.

Depuis 2013, avec la construction de la Tour des Canadiens, Montréal vit un important boom immobilier. Entre 2013 et 2019, ce boom de gratte-ciels était principalement concentré aux alentours du Centre Bell, avec notamment l'Avenue, les Tours des Canadiens 1,2 et 3, les Rocabellas, les YUL et d'autres projets. Toutefois, d'autre projets majeurs sont désormais (depuis 2019) en développement ou construction plus à l'est du centre-ville. Parmi ces derniers, on dénombre cinq bâtiments qui atteindront la hauteur maximale de 200 mètres : 900 rue Saint-Jacques, 800 rue Saint-Jacques, Victoria-sur-le-Parc, 1 Square-Phillips et Maestria.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L’intérieur de la basilique Notre-Dame de Montréal.

Montréal a un passé religieux riche et complexe. La religion catholique fut la raison même de la fondation de la ville, soit l'établissement d'une colonie missionnaire selon l'intention du groupe fondateur, la Société Notre-Dame de Montréal. La ville est en effet renommée pour sa richesse en églises et temples de toutes dénominations, qui lui ont valu au XIXe siècle le surnom de « ville aux cent clochers ».

Parmi les édifices les plus importants du point de vue de l'histoire, on trouve l'oratoire Saint-Joseph, la plus grande église dédiée à ce saint dans le monde, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, première chapelle de pierre de Montréal, la basilique Notre-Dame et la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde, réplique réduite de la basilique Saint-Pierre de Rome. La Pietà, datant de 1855 et située dans le Mausolée la Pietà du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, est une reproduction grandeur nature de la sculpture de Michel-Ange de la basilique Saint-Pierre au Vatican.

RÉSO : le Montréal souterrain[modifier | modifier le code]

Le RÉSO, la ville intérieure de Montréal, vue d'entre les métros Peel et McGill.

Le Montréal souterrain (RÉSO), ou ville intérieure, est une alternative urbaine populaire aux extrêmes climatiques de l'hiver froid et de l'été humide. Montréal possède plus de 30 km de passages piétonniers souterrains donnant accès à des centaines de commerces, restaurants, bureaux et boutiques intérieures, ainsi qu'au réseau de métro, aux terminus de transport et aux principaux attraits et bâtiments du centre-ville (de la station de métro Lucien-L'Allier jusqu'au Complexe des sciences de l'UQAM) sans jamais s'exposer aux intempéries. Il constituerait le plus grand réseau urbain souterrain au monde.

Art public[modifier | modifier le code]

L'art public de la ville se réfère principalement à l'une ou l'autre de ses cultures, la francophone ou l'anglophone. La Société Notre-Dame de Montréal qui a fondé Ville-Marie est commémorée par le monument aux pionniers sous la forme d'un obélisque situé à la place d'Youville et son principal fondateur, Paul Chomedey de Maisonneuve, par une statue, le monument à Maisonneuve, au centre de la place d'Armes.

Le passage au régime britannique est commémoré par la colonne Nelson, un des monuments les plus controversés de la ville, situé sur la place Jacques-Cartier et représentant pour certains les visées impérialistes britanniques, ainsi que la statue de la reine Victoria, au square Victoria. Un rappel du Canadien de jadis se trouve sur la Maison du Patriote, rue Saint-Paul dans le Vieux-Montréal. Un monument à sir George-Étienne Cartier, un des pères de la Confédération canadienne, trône à l'entrée du parc du Mont-Royal (le monument à George-Étienne Cartier).

Lieux de diffusion culturelle[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

La ville possède de nombreux musées dont la plupart sont regroupés au sein de la société des directeurs des musées montréalais qui a comme objectif de faire leur promotion et de participer à leur développement[246],[247]. Ces musées présentent tout autant des expositions sur les sciences, l'histoire, les beaux-arts et le patrimoine culturel[248].

Parmi ces musées, deux institutions ont pour thématique l'art, le musée des beaux-arts de Montréal et le musée d'art contemporain de Montréal. Le thème de l'histoire est au centre des expositions de Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, du musée Stewart ou du château Ramezay. Le patrimoine est abordé par plusieurs musées dont le musée Marguerite-Bourgeoys, la maison Saint-Gabriel et le musée des maîtres et artisans du Québec. La thématique des sciences est au cœur des expositions du Centre des sciences de Montréal, de la Biosphère de Montréal et de quatre musées à vocation scientifique administrés par la ville de Montréal, soit le Biodôme, l'Insectarium, le Jardin botanique, ainsi que le Planétarium, regroupés au sein de l'Espace pour la vie[249].

Bibliothèques[modifier | modifier le code]