Raoul II de Brienne — Wikipédia

Raoul II de Brienne
Fonctions
Comte d'Eu

(6 ans)
Prédécesseur Raoul Ier de Brienne
Successeur Jean d'Artois
Comte de Guisnes

(5 ans)
Prédécesseur Raoul Ier de Brienne
Successeur Rattachement au domaine royal
Connétable de France

(6 ans)
Prédécesseur Raoul Ier de Brienne
Successeur Charles de La Cerda
Biographie
Dynastie Maison de Brienne
Date de décès
Lieu de décès Paris
Père Raoul Ier de Brienne
Mère Jeanne de Mello
Conjoint Catherine de Savoie

Raoul II de Brienne

Raoul II de Brienne[1] est le fils de Raoul Ier de Brienne, comte d'Eu et de Guînes, seigneur de Jarnac et de Châteauneuf, et de Jeanne de Mello-St-Bris. Le , sur ordre du roi Jean II de France, il est décapité à Paris. Les causes de son exécution sont restées secrètes mais il semble qu'il ait été convaincu de haute trahison.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1344, il succède à son père dans ses comtés et garde la charge de connétable de France que le roi Philippe VI avait confiée à son père.

En 1340, il épouse Catherine de Savoie, fille de Louis II de Vaud et d'Isabelle de Chalon-Arlay. De cette union il n'a pas de descendance, mais il reconnaît en 1345 un fils illégitime, Jean du Bois, seigneur de la Maison Fort (cf. Père Anselme : Histoire de la Maison royale de France, t. VI, p. 136).

Guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

En 1346, lors de la prise de Caen, Raoul de Brienne est fait prisonnier, lors de la chevauchée d'Édouard III, par les forces anglaises menées par le comte de Kent, Thomas Holland. En automne 1350, il est autorisé à rentrer en France afin qu'il puisse réunir la somme de 60 000 moutons d'or pour payer sa rançon.

La disgrâce[modifier | modifier le code]

En effet, il s'agit d'un gentilhomme cosmopolite dont le domaine est partagé entre plusieurs royaumes (en France, en Angleterre et en Irlande)[2]. Comme tous les seigneurs dont les possessions ont une façade maritime à l'ouest (sauf ceux dont les domaines sont dans le bassin de la Seine et qui peuvent facilement commercer avec Paris), il a intérêt à soutenir l'Angleterre pour des raisons économiques (le transport maritime étant à l'époque plus performant que le transport terrestre, la Manche constitue une intense zone d'échange)[3]. Dès son arrivée à Paris, de mauvaises langues prétendent que le connétable aurait été libéré parce qu'il aurait rendu hommage au roi Édouard III d'Angleterre en lui cédant sa forteresse de Guînes, place forte donnant sur le Pas de Calais. Il semble qu'il ait négocié sa libération contre l'engagement de reconnaître Édouard III comme roi de France et que Jean le Bon en ait eu connaissance par l'interception de courriers à destination du souverain anglais[4]. Le roi ne souhaite pas que cela s'ébruite car cela remettrait en avant les problèmes de droits d'Édouard à la couronne[4]. Le roi de France le fait arrêter et enfermer dans un cachot du Louvre. Le lendemain, , il est emmené devant l'hôtel de Nesle où, sans avoir eu de procès, il est décapité et ses biens confisqués[4]. Personne ne connaîtra jamais les vraies raisons de cette exécution.

Ses titres[modifier | modifier le code]

Tandis qu'il confie la charge de connétable à Charles de La Cerda en , le roi de France rattache le comté de Guînes au domaine royal et donne le comté d'Eu à Jean d'Artois, fils de Robert III. L'opacité sur les raisons de cette exécution laisse place aux rumeurs : le connétable aurait été exécuté parce qu'il entretenait une liaison avec feu la reine Bonne de Luxembourg (ce qui permet de discréditer les futurs Valois en instituant un doute sur leur hérédité et donc leur légitimité)[5].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Raoul II sur le site Medieval Lands
  2. Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 82
  3. Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 55-56
  4. a b et c Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 83
  5. Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 16

Sources[modifier | modifier le code]