Marseille

Marseille
Notre Dame de la Garde.jpg
Marseille panorama.jpg
France - Marseille (29881013814).jpg Views of Marseille from the Cité radieuse 4.jpg
Marseille panorama from Palais du Pharo.jpg
De haut en bas et de gauche à droite : La basilique Notre-Dame-de-la-Garde, les Îles du Frioul, le Palais Longchamp, l'Orange Vélodrome, et le Vieux-Port.
Blason de Marseille
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (préfecture)
Département Bouches-du-Rhône
(préfecture)
Arrondissement Marseille
(chef-lieu)
Intercommunalité Métropole d'Aix-Marseille-Provence
(siège)
Maire
Mandat
Benoît Payan (PS)
2020-2026
Code postal 13001 à 13016
Code commune 13055 et de 13201 à 13216
Démographie
Gentilé Marseillais
Population
municipale
868 277 hab. (2018)
Densité 3 608 hab./km2
Population
agglomération
1 607 292 hab. (2018[1])
Géographie
Coordonnées 43° 17′ 47″ nord, 5° 22′ 12″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 652 m
Superficie 240,62 km2
Élections
Départementales Bureau centralisateur de douze cantons
Législatives 7 circonscriptions : 1e, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e et 7e
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
Voir sur la carte administrative de Provence-Alpes-Côte d'Azur
City locator 14.svg
Marseille
Géolocalisation sur la carte : Bouches-du-Rhône
Voir sur la carte topographique des Bouches-du-Rhône
City locator 14.svg
Marseille
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Marseille
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Marseille
Liens
Site web marseille.fr

Marseille[2] est une commune du Sud-Est de la France, chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône et préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

En 2018, Marseille est la deuxième commune la plus peuplée de France avec 868 277 habitants. Son unité urbaine, qui s'étend au nord jusqu'à Aix-en-Provence, est la troisième de France avec 1 607 292 habitants, derrière Paris et Lyon. Depuis le , Marseille accueille le siège de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, la seconde plus peuplée de France avec 1 873 707 habitants[3]. Son aire urbaine est, quant à elle, la troisième de France après celles de Paris et Lyon avec 1 756 296 habitants en 2016. Ces chiffres font de Marseille la plus grande ville du Midi de la France, de la région culturelle occitane, ainsi que de l'aire linguistique de la langue d'oc.

Plus ancienne ville de France[4] fondée dans l'Antiquité sous le nom de Μασσαλία / Massalía) vers 600 av. J.-C. par des marins et des marchands grecs originaires de Phocée (aujourd'hui Foça, près d'Izmir, en Turquie), Marseille est depuis l'Antiquité un important port de commerce et de passage. Elle connaît un essor commercial considérable pendant la période coloniale et plus particulièrement au cours du XIXe siècle, devenant une ville industrielle et négociante prospère[5].

Héritage de ce passé, le Grand port maritime de Marseille (GPMM) et l'économie maritime constituent des pôles majeurs de l'activité régionale et nationale[6] et Marseille reste le premier port français, le deuxième port méditerranéen[7] et le cinquième port européen[8]. Sa situation privilégiée en bordure de la Méditerranée permettant l'arrivée de nombreux câbles sous marins fait également de Marseille le neuvième hub de connexion au réseau internet mondial avec une des plus fortes croissances mondiales sur ce secteur[9],[10].

L'ouverture de Marseille sur la mer Méditerranée en fait depuis ses origines une ville cosmopolite marquée par de nombreux échanges culturels et économiques avec l'Europe du Sud, le Proche-Orient, l'Afrique du Nord et l'Asie. Elle est d'ailleurs souvent considérée depuis le XVIIe siècle, comme la « Porte de l'Orient » sur le littoral méditerranéen français[11].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Marseille vue par le satellite Spot.

Située dans le Sud-Est de la France, en Provence, Marseille est bordée par la Méditerranée à l'ouest et au sud, enserrée par les massifs de l'Estaque et de l'Étoile au nord, le massif du Garlaban à l'est, le massif de Saint-Cyr et le mont Puget au sud-est, le massif de Marseilleveyre au sud.

Par les voies express, Marseille est à 773 km de Paris, 313 km de Lyon, 200 km de Nice, 403 km de Toulouse, 308 km de Grenoble, 475 km de Clermont-Ferrand, 395 km de Gênes, 372 km de Turin[Note 1], 434 km de Genève et 503 km de Barcelone.

La commune s'étend sur 240,62 km2 pour une densité de 3 608 habitants/km2. Toutefois, en ne tenant compte que de la superficie constructible, soit 150 km2 environ[12], la densité de la ville est de 5 788 habitants/km2.

La latitude de la ville avait été calculée par le Grec Pythéas, né à Massalia vers 380 avant notre ère, avec une précision remarquable, faisant de Marseille la première ville au monde géolocalisée[13][source insuffisante].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

L'Huveaune et son affluent le Jarret, presque entièrement recouvert dans la partie urbaine de la ville, sont, avec le ruisseau de la Caravelle qui passe aux Aygalades, les principaux cours d'eau traversant Marseille. L'Huveaune et la Caravelle sont des fleuves côtiers aux débits relativement faibles. Le système hydrographique du bassin de la ville est caractéristique du milieu méditerranéen : le débit d'eau est faible mais ses cours d'eau connaissent des crues importantes en cas de pluie. L'eau est très fortement canalisée, souvent à la source même de ces cours d'eau et irrigue l'ensemble du bassin[14]. Dans le cas des cours d'eau marseillais, ceux-ci sont réalimentés en eau par le trop-plein du canal de Marseille.

Depuis plus de dix ans l'Huveaune, juste après le point de confluence avec le Jarret, est déviée vers la station d'épuration des eaux de Marseille car son embouchure naturelle au rond-point du David polluait les plages de la ville. L'eau traitée est ensuite rejetée au sud de la ville, dans les calanques, par l'émissaire de Cortiou, qui lui aussi pose un gros problème de pollution - d'autant plus que le rejet s'effectue dans un parc national d'exception[15].

Marseille est alimentée en eau potable à 75 % par le canal de Marseille (eaux de la Durance) et à 25 % par le canal de Provence (eaux du Verdon).

Mer[modifier | modifier le code]

Références de hauteur en Europe

La commune de Marseille a une façade maritime de 57 kilomètres dont 24 kilomètres de calanques.

Les calanques s'étendent sur plus de vingt kilomètres de côtes sur la mer Méditerranée entre le village des Goudes, au sud-ouest de la ville et Cassis. C'est un des sites les plus remarquables de France et une zone majeure de ressources naturelles et d'activités sportives. Les calanques comptent un million de visiteurs par an.

À l'issue d'un processus entamé en 1999, un Parc national des Calanques a été créé en 2012[16], afin d'en protéger le patrimoine naturel sur terre et en mer. Il regroupe un territoire de 11 100 hectares sur terre, sur les communes de Marseille, Cassis et La Ciotat et 141 300 hectares en mer[17]. C'est le premier parc national périurbain d'Europe.

Les principales plages sont celles du Prado, des Catalans, de la Pointe-Rouge et la plage du Prophète. Les plages du Prado, officiellement « plages Gaston Defferre », ont été aménagées par les remblais obtenus par le creusement des tunnels du métro. En 2019, la ville de Marseille installe des capteurs en vue du réaménagement des plages pour les JO Paris 2024[18].

Marseille compte également près de cent sites de plongée sous-marine[19], les plus renommés étant l'archipel de Riou, l'archipel du Frioul et l'île de Planier.

La marégraphe de Marseille sert de référent altimétrique non seulement pour la France métropolitaine continentale (voir Nivellement général de la France), mais aussi pour la Suisse et le Liechtenstein (voir Mètres au-dessus de la mer).

Sismicité[modifier | modifier le code]

Si la région Provence-Alpes-Côte d'Azur comporte des zones à risques sismiques, en particulier dans les régions de Nice et d'Aix-en-Provence, les risques semblent plus négligeables pour Marseille[20].

Climat[modifier | modifier le code]

Mistral sur l’archipel du Frioul et le château d'If.

Le climat de Marseille est tempéré chaud de type méditerranéen. La ville bénéficie d'une durée exceptionnelle d'ensoleillement, avec plus de 2 800 heures de soleil par année, notamment grâce au mistral, vent de secteur nord, froid et sec qui souffle en moyenne 93 jours par an et qui dégage le ciel. À l'observatoire de Marseille, les précipitations annuelles moyennes sont de 523,2 mm[21] soit une des plus faibles de France avec 52,6 jours de précipitations dépassant 1,0 mm, principalement en automne-hiver. La température moyenne à Marseille est de 15,8 °C[21].

Malgré un climat généralement clément, des épisodes extrêmes sont enregistrés. Ainsi, le thermomètre a atteint −16,8 °C le et 40,6 °C le [22],[23]. Le [24] et le , on a mesuré plus de 10 cm de neige, ce qui a complètement paralysé la ville[Note 2],[25] avec une couche atteignant ou dépassant 30 cm dans certaines communes périphériques comme sur l'aéroport Marseille-Provence à Marignane, avec 29 cm[26][source insuffisante]. Des précipitations diluviennes peuvent se produire à l'automne et provoquer des cumuls records en quelques heures, comme le avec ses 221,5 mm dans la matinée[27],[28] ou plus récemment le double orage du avec 191,4 mm en seulement h[29] ou le méga-orage stationnaire de la nuit du 22 au sur la banlieue nord-ouest de la ville aux Pennes-Mirabeau avec 250 mm[30].

Les relevés météorologiques sont faits à l'aéroport Marseille-Provence à Marignane.

Relevé météorologique de l'aéroport Marseille-Provence
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,9 3,6 6 9,1 13,1 16,5 19,1 18,7 15,7 12,4 7,2 3,9 10,8
Température moyenne (°C) 7,2 8,1 11 13,9 18 21,9 24,8 24,4 20,6 16,7 11,2 8 15,5
Température maximale moyenne (°C) 11,4 12,5 15,8 18,6 22,9 27,1 30,2 29,7 25,5 20,9 15,1 11,9 20,2
Record de froid (°C) −12,4 −16,8 −10 −2,4 0 5,4 7,8 8,1 1 −2,2 −5,8 −12,8 −16,8
Record de chaleur (°C) 19,9 22,1 25,4 29,6 34,9 37,6 39,7 39,2 34,3 30,4 25,2 20,3 39,7
Nombre de jours avec gel 9,1 5,7 1,8 0 0 0 0 0 0 0 2,1 7,1 25,8
Nombre de jours avec température maximale ≥ 25 °C 0 0 0 1 8,7 21,5 29,5 29,1 18,2 3,4 0 0 111,4
Nombre de jours avec température maximale ≥ 30 °C 0 0 0 0 0,6 6,5 17,3 14,9 1,7 0,1 0 0 41,1
Nombre de jours avec température maximale ≥ 35 °C 0 0 0 0 0 0,2 0,9 0,9 0 0 0 0 2
Ensoleillement (h) 145,1 173,7 238,7 244,5 292,9 333,4 369,1 327,4 258,6 187,1 152,5 134,9 2 857,8
Record de vent (km/h) 130 122 130 119 101 115 112 162 137 119 112 119 162
Précipitations (mm) 48 31,4 30,4 54 41,1 24,5 9,2 31 77,1 67,2 55,7 45,8 515,4
Record de pluie en 24 h (mm) 63 54,2 41,2 65,7 62 43 51,6 85,6 96 161,3 64 52,3 161,3
dont nombre de jours avec précipitations ≥ 1 mm 6,5 6 5,5 5,3 4,9 3,5 1,6 3 3,6 5,8 5,1 6 56,8
dont nombre de jours avec précipitations ≥ 5 mm 2,7 3,1 2,8 2,7 2,2 1,7 0,9 1,4 2,2 3,3 2,9 2,9 28,8
Humidité relative (%) 75 72 67 65 64 63 59 62 69 74 75 77 68,5
Nombre de jours avec neige 0,8 0,4 0,1 0 0 0 0 0 0 0 0,2 0,7 2,2
Nombre de jours d'orage 0,6 0,9 1 1,2 2 2,6 1,7 2,9 2,7 2,5 1,5 0,7 20,3
Nombre de jours avec brouillard 2,1 1,4 0,9 0,3 0,2 0 0,1 0 0,7 1,3 1,7 2,3 11
Source : [8], [9]
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
11,4
2,9
48
 
 
 
12,5
3,6
31,4
 
 
 
15,8
6
30,4
 
 
 
18,6
9,1
54
 
 
 
22,9
13,1
41,1
 
 
 
27,1
16,5
24,5
 
 
 
30,2
19,1
9,2
 
 
 
29,7
18,7
31
 
 
 
25,5
15,7
77,1
 
 
 
20,9
12,4
67,2
 
 
 
15,1
7,2
55,7
 
 
 
11,9
3,9
45,8
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Marseille présente les particularités d'être la ville la plus embouteillée de France (et la 18e mondiale) et d'héberger le principal port français de croisière.

Infrastructures routières[modifier | modifier le code]

Les accès autoroutiers autour de Marseille.

Parmi les 25 communautés d'agglomération françaises de plus de 270 000 habitants, Marseille est celle présentant, pour le transport, le taux de personnes tuées par million d'habitant le plus élevé après la communauté d'agglomérations du Pays basque. Ce taux est de 44 tués par million d'habitants en 2018, alors que certaines villes équipées de métropolitains, comme Paris, Lyon ou Toulouse, présentent une mortalité deux fois moindre respectivement de 15, 20 et 17[31].

Trois autoroutes pénètrent dans Marseille :

L'A50 et l'A55 sont reliées entre elles par les tunnels du Prado-Carénage (à péage), du Vieux-Port et de la Major permettant une traversée de la ville de l'est au nord quasiment sans interruption.

L'A7 (Les Arnavaux) et l’A50 (La Timone) sont reliées par l’A507, ou rocade L2 (un semi-périphérique), ouvert depuis le , après plusieurs décennies de chantier[32].

Les anciennes nationales 8 (route de Marseille) et 113 par lesquelles on accédait à Marseille depuis le nord n'ont plus qu'un intérêt local et ont été déclassées en départementales. Trois autres routes rayonnent à partir de la ville : la D568 (ex-RN568, la route du Rove) au nord-ouest, la D908 (ex-RN8bis) au nord-est et la D559 (ex-RN559) à l'est, route de Cassis par le col de la Gineste. Toutes trois sont sinueuses et ont un profil accidenté, mais sont largement utilisées pour les trajets domicile-travail des habitants des banlieues qu'elles desservent (Côte Bleue, bassin de Valdonne-Fuveau, Cassis).

La circulation routière est un problème majeur. Marseille est la ville française la plus embouteillée (et la 18e mondiale) en 2015[33].

Un problème également majeur est la mortalité routière qui tue entre 72 personnes en 2018 et 101 en 2014[31]. Les accidents constituant eux-mêmes un facteur supplémentaire d'embouteillages.

L'agglomération d'Aix-Marseille-Provence s'illustre particulièrement par une mortalité importante des deux-roues motorisés ; la vingtaine de motards qui se tuent chaque année constitue près de la moitié des tués de l’agglomération[31].

Transports urbains[modifier | modifier le code]

Le tramway, mis en service en 2007.
Une rame de métro à la station Saint-Barnabé.

La Régie des transports métropolitains (RTM), régie publique, gère les transports urbains au sein de Transmétropole du territoire Marseille-Provence.

Bus[modifier | modifier le code]

Marseille compte 119 lignes de bus qui desservent l'ensemble de la ville ainsi qu'Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes-les-Vallons sur un réseau de 950 km. Les parcours et la numérotation des lignes de bus reprennent encore en grande partie celle du réseau de l'ancien tramway de Marseille presque entièrement supprimé à partir des années 1960. Des trolleybus ont circulé à Marseille jusqu'en 2004, où ils ont été remplacés par des bus classiques.

En raison de l'étendue de la ville et des difficultés de circulation, la vitesse moyenne des bus de Marseille est relativement lente, à 12 km/h. Un dispositif de vidéo-verbalisation est mis en place afin de libérer les voies de bus du stationnement et améliorer la fluidité du trafic des autobus[34].

Métro[modifier | modifier le code]

Le réseau de métro comporte deux lignes représentant un total de 21,5 km et 30 stations. La première ligne a été ouverte en 1977, la dernière extension datant de 2019 avec l'ouverture de la station Gèze sur la ligne 2.

Tramway[modifier | modifier le code]

Transbordeur (ferry boat).

Le tramway compte trois lignes totalisant 15,8 km et 40 arrêts. Le réseau a été ouvert en 2007.

Bus à haut niveau de service[modifier | modifier le code]

Trois lignes de bus à haut niveau de service ont été mises en service en 2014 et une autre est prévue[35].

Navette maritime[modifier | modifier le code]

De mars à septembre, un service de navette maritime est mis en place entre le Vieux-Port, la Pointe-Rouge, Les Goudes et le Vieux-Port et L'Estaque. Le transbordeur (ferry boat) permet de traverser le Vieux-Port de l'Hôtel de ville à la place aux Huiles. Mis en service en 1880, c'est aujourd'hui principalement une ligne touristique.

Vélos[modifier | modifier le code]

Le système de vélos en libre-service (VLS) « Le vélo » a été mis en place en 2007. Il comporte 130 stations, et 1 000 vélos, situées principalement en centre-ville et au sud-ouest, il fonctionne 24 h/24 depuis 2013. La ville s'est toutefois vu décerner par la Fédération des usagers de la bicyclette le prix du « Clou Rouillé » en 2013 qui épingle les communes pour les initiatives à ne pas faire en matière d'aménagements cyclables.

Gare routière[modifier | modifier le code]

La principale gare routière de Marseille est située à Saint-Charles. Elle est exploitée par la RTM et accueille la majorité des autocars desservant les Bouches-du-Rhône (Cartreize), la région PACA (LER) ou l'Europe (Eurolines et IDBUS) ainsi qu'une navette vers l'aéroport.

Desserte ferroviaire[modifier | modifier le code]

La gare de Marseille-Saint-Charles, aboutissement de la ligne Paris-Lyon-Marseille, est inaugurée en 1848. La gare devient alors et pendant longtemps le point de passage obligé des voyageurs qui embarquent ensuite vers l'Afrique ou le Moyen-Orient. L'électrification de la ligne est achevée en 1962. L'ouverture de la LGV Sud-Est en 1981 signe l'arrivée du TGV. La ligne est prolongée en 2001 par la LGV Méditerranée, qui met Paris à h 30 min de Marseille. Le , Eurostar a ouvert une ligne Londres-Marseille desservant aussi Avignon et Lyon et mettant ainsi Marseille à h 30 min de Londres. Cette ligne directe n'existe plus en 2020.

La gare Saint-Charles est également le terminus de la ligne de Marseille à Vintimille et accueille le trafic TGV vers l'ouest et le nord de la France, ainsi que celui d'Intercités du sud-ouest via Montpellier et vers la Savoie et la Suisse via Grenoble. Elle est également au cœur du réseau de Transport express régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (TER) dont la ligne vers Aix-en-Provence a été récemment rénovée et celle vers Toulon est en train d'être triplée.

Dans le cadre du projet de la ligne nouvelle Provence Côte d'Azur destiné à relier Nice à Marseille, la gare de Marseille-Saint-Charles doit faire l'objet de travaux pour construire une nouvelle gare souterraine. À cette occasion, la gare de la Blancarde devrait également être réaménagée pour accueillir une gare TGV et un tunnel devrait être construit entre les deux gares. L'avantage de la gare de la Blancarde est d'être relié au réseau de tramway urbain, contrairement au pôle d'échanges de la gare Saint-Charles.

Marseille compte en réalité onze autres gares ferroviaires sur son territoire urbain, dont les plus importantes sont celles de la Blancarde, de Saint Marcel ou encore celle de L'Estaque.

Lors des élections municipales de 2020, l'idée de créer un RER métropolitain est émise par plusieurs candidats tels que Michèle Rubirola[36], Martine Vassal [37] ou encore Sébastien Barles [38].

En juin 2021, la métropole Aix-Marseille Provence lance une étude pour mettre en place un schéma directeur de la desserte ferroviaire d'ici 2050 sur tout le territoire de la métropole en lien avec le plan de déplacements urbains dans le but de doubler l'usage des transports en commun. Ce schéma prévoit la création d'un réseau express métropolitain dont un RER qui reste, malgré tout, assez hypothétique. Les conclusions de cette étude sont attendues pour le printemps 2023[39].

Le 2 septembre 2021, le président de la République, lors d'un discours visant à présenter un projet pour redresser la ville, annonce l'accélération de la création d'un RER marseillais pour un coût de 300 millions d'euros dont 115 millions financés par l'État[40],[41].

Desserte aérienne[modifier | modifier le code]

L'aéroport international Marseille-Provence se situe à 25 kilomètres du centre de Marseille, sur la commune de Marignane, au bord de l'étang de Berre. C'est le troisième aéroport de France hors Île-de-France[42].

Son trafic est principalement orienté vers Paris, la Corse, l'Europe, et l'Afrique du Nord. L'ouverture en de l'aérogare MP2 entièrement consacrée aux compagnies à bas prix a permis de développer le nombre de passagers et de destinations, notamment vers l'Europe.

En plus des liaisons vers Montréal et Toronto, une liaison vers New York a été ouverte en 2013.

L'aéroport est desservi par des navettes d'autocars qui le relient à la gare Saint-Charles et à la gare d'Aix-en-Provence TGV et, depuis 2008, par la gare de Vitrolles-Aéroport-Marseille-Provence.

Transport maritime[modifier | modifier le code]

Marseille est l'un des principaux points d'accès à la Corse dans le cadre de la continuité territoriale.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (56,7 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (51,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (45,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (27,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (7,8 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (7,1 %), forêts (6,9 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,9 %), mines, décharges et chantiers (1,1 %), zones agricoles hétérogènes (1,1 %), eaux maritimes (0,4 %), eaux continentales[Note 3] (0,1 %)[43].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[44].

Vue d'une partie du centre-ville.

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Près de la moitié de la superficie communale est en territoire naturel inconstructible et la ville s'étale sur un territoire extrêmement vaste, héritage de la colonisation phocéenne qui organisait la ville entre un centre (les rives du Lacydon) et son terroir (le reste du territoire enserré par les collines entourant Marseille) : Marseille s'étend sur plus de 240,62 km2, ce qui en fait la neuvième commune de la France métropolitaine par sa superficie (2,5 fois plus grande que Paris, 5 fois plus grande que Lyon). Sa densité (3 536 habitants par kilomètre carré) est largement inférieure à des villes entièrement urbanisées telles que Lyon (10 118 hab./km2) ou Paris (21 229 hab./km2), comparable à celle de Toulouse (3 735 hab./km2) ; toutefois si on prend en compte uniquement sa zone habitable (150 km2), sa densité atteint 5 672 hab./km2, ce qui est comparable à Lille (6 533 hab./km2).

Marseille est une ville très accidentée, avec des rues parfois très pentues : le quartier le plus haut de Marseille, Les Trois-Lucs (12e arrondissement), culmine à 242 m d'altitude. Le point le plus élevé du territoire marseillais est le sommet de l'Étoile à 652 m dans le massif du même nom[45].

Longtemps cantonnée au nord de l'actuel Vieux-Port, la ville a fait l'objet d'un premier agrandissement au XVIIe siècle puis se développe au XIXe siècle avec l'essor économique du port. Avec l'expansion de la ville de Marseille, de nombreux villages environnants ont fini par être intégrés à la ville. Aujourd'hui Marseille englobe 111 villages.

Début , l'effondrement de deux immeubles vétustes rue d'Aubagne dans le quartier de Noailles témoigne de la vétusté de l'habitat[46]; selon un rapport gouvernemental publié en 2015 par Marsactu[47], 100 000 personnes vivent dans des logements insalubres à Marseille[48],[49].

La rue de la République réhabilitée.

Euroméditerranée[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, les quartiers d'Arenc et de La Joliette, marqués par leur passé industriel, ainsi que le quartier de la Porte d'Aix, font l'objet d'une des plus importantes rénovations urbaines d'Europe. Parmi les grandes opérations, l'établissement public Euroméditerrannée a permis la rénovation de la Rue de la République, des Docks, la construction d'un parc autour de la Porte d'Aix, de plusieurs gratte-ciels aux Quais d'Arenc (dont la tour CMA-CGM et la Tour La Marseillaise) ainsi que du MuCEM ouvert en juin 2013.

L'opération a récemment été étendue à un autre secteur nommé Euroméditerranée 2 vers les quartiers des Crottes et du Canet. Elle prévoit la construction d'une Corniche Nord au-dessus du littoral, d'un pôle multimodal de transport à Gèze, d'un parc le long du ruisseau des Aygalades[50] et de l'extension du tramway vers le nord.

Gestion des déchets[modifier | modifier le code]

La saleté de la ville de Marseille est souvent dénoncée et débattue[51],[52],[53],[54],[55],[56]. Les défaillances du ramassage d'ordures, en particulier, font l'objet de critiques récurrentes, et ont été notamment attribuées au faible nombre d'heures de travail des éboueurs, en raison du système du « fini-parti » qui a été en vigueur pendant une quarantaine d'années, jusqu'en 2014[57],[58]. En , la ville de Marseille a reçu le « balai d'or » qui distingue la ville la plus sale de France après un vote sur internet initié par la chaîne de radio RMC[59],[60],[61].

Assainissement[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1987, les eaux usées de Marseille étaient rejetées en mer, dans la calanque de Cortiou, la ville ne s'étant jamais équipée d'une station d'épuration. Lorsque le réseau des égouts de Marseille fut construit à la fin du XIXe siècle, cette solution parut alors la meilleure pour assainir la ville. En outre, à partir des années 1970, la Ville a fait dévier vers la calanque de Cortiou la rivière l'Huveaune, qui était tellement polluée que cela posait des problèmes sanitaires sur les plages du Prado[62].

La station d'épuration des eaux de la métropole, inaugurée en 1987[63] est gérée par le Service d’assainissement Marseille Métropole (Seramm), filiale de Suez, et est équipée depuis 2019 d'une unité de méthanisation qui injecte du biométhane sur le réseau de transport de GRTgaz[64]. Celle-ci a été construite par Suez Infrastructures de Traitements, GTM Sud et Prodeval[65].

Eau potable[modifier | modifier le code]

L'eau potable distribuée à Marseille a plusieurs fois été désignée « meilleure eau de France »[66].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

  • Μασσαλία (Massalía) (nom grec) au VIe siècle av. J.-C. ;
  • Massilia (nom latin classique) au Ier siècle av. J.-C., vers 45 av. J.-C. (Jules César) ;
  • Massilia Grœcorum (nom latin classique) vers 70 apr. J.-C. (Pline l'Ancien), vers 380 apr. J.-C. (Notice des dignités) ;
  • Masilia (nom latin vulgaire) vers 515 (monnaie de Childebert) ;
  • Masilie (nom latin vulgaire) vers 660 (monnaie de Chidéric II) ;
  • [ex comitatu] Marsiliacense (nom latin) en 950 ;
  • Massilie [Civitas] (nom latin) en 950 - 977 ;
  • [commune] Marcelie (nom en vieux français) en 1136 ;
  • [commune] Marcellie (nom en vieux français) en 1152 ;
  • [commune de] Marsseille (nom en moyen français) en 1236 (coexistant encore avec le nom latin de 950 qui ne sera abandonné pour l'usage officiel que plusieurs siècles après quand le nouveau français académique deviendra tardivement langue officielle du royaume, puis obligatoire au XIXe siècle pour l'administration civile puis scolaire) ;
  • Maselha (nom occitan) en 1390[67],[68] (ce nom conservé encore aujourd'hui en langue occitane provençale mais sans statut officiel).

De nos jours, le nom utilisé en occitan est Marselha ou Marsiho[69].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Drachme de la cité antique de Massalia où apparaît le début du nom « ΜΑΣΣΑ ».

Le nom de la localité est attesté pour la première fois sous la forme grecque Μασσαλία (Massalía, accent tonique sur le « i »). C'est sous ce nom qu'une ville est fondée par des Grecs venus de Phocée (Φώκαια / Phṓkaia) et qui est toujours la ville de Foça près d'Izmir.

L'origine de ce nom préoccupait déjà des écrivains de l'Antiquité. Ils ont avancé des explications plus ou moins fantaisistes qu'a résumées Antoine de Ruffi, le premier historien de la ville, au XVIIe siècle avec une ironie perceptible[70]. Par exemple Aelius Herodianus a joint les mots μάσσαι, lier et ἁλιεύς, pécheur, pour dire qu'à l'arrivée des Phocéens un pécheur se trouvait sur le rivage pour lier une amarre.

À l'époque moderne on a pensé à deux autres mots μᾶζα et ἅλς. Le second signifie le sel ou une étendue marine salée près de la côte. Le premier vient d'une racine indo-européenne mak ou mag, « pétrir », et désignait une grosse crêpe d'orge. Il a pris le sens de « masse » mais tardivement[71] et paraît ne pas pouvoir justifier « masse de sel », ce qui constituerait une étymologie isolée. Le double sigma de Μασσαλία fait aussi difficulté puisque le dzêta persiste dans le mot composé μαζαγρέτας. Un dérivé désignant un gâteau d'offrande est attesté dans le culte de Dionysos à Phigalie, ce qui a permis d'évoquer de façon très hypothétique Marseille comme « ville des offrandes ». Le mot au sens de masse a été emprunté par le latin sous la forme du mot massa d'où est venu le mot français.

Les toponymes massa de l'Italie du nord et du centre dont la signification est maison de campagne, tenure[72], de même que le provençal mas[73], sont issus eux, à l'époque du haut Moyen Âge, du latin manere, demeurer, qui a donné aussi plusieurs mots français comme manoir, masure, maison, etc. C'est sans rapport avec le nom grec de Marseille mais a pu faire penser à une étymologie « maison des Salyens », citée par Antoine de Ruffi puis Augustin-Jules-Esprit Fabre.

L'origine du nom de Marseille est en réalité inconnue. Μασσαλία ne s'explique sans doute pas par le grec du point de vue étymologique, sans que nous puissions dire par quelle langue à l'époque de la fondation de la ville, ligure, étrusque ou autre, il le ferait de façon plus certaine. Albert Dauzat a proposé un radical mas- désignant vraisemblablement une source, suivi d'un suffixe -alia[68] qui peut se retrouver dans le nom de la ville phocéenne Ἀλλαλία, Alalia, située en Corse, aujourd'hui Aléria.

Ernest Nègre a repris d'un élément aqueux, c'est-à-dire l'hydronyme Massalia courant en Grèce[74]. Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, qualifient le nom Massalia de ligure[75].

À l'époque romaine, Massalia devient Massilia (avec déplacement de l'accent tonique sur le premier i)[76][source insuffisante]. Ensuite, peu à peu à l'époque médiévale, Massilia s'altère en Marsilia dans les textes, mais coexiste avec une forme locale encore attestée en 1390 Maselha. L'altération Mas(s)- > Mars- résulte sans doute d'un hypercorrectisme savant par analogie avec les nombreux types toponymiques en Marsil-, Marseil-, tels que Marsillargues (Hérault, Marcianicus vers 1031); Marseillan (Hérault, de Marcelliano 1098)[77]etc., pour lesquels le groupe /rs/ s'est précisément simplifié en /ss/ en occitan par assimilation du [r]. C'est pourquoi on trouve aussi Massillargues-Attuech (Gard) et Massilhan, nom occitan de Marseillan par exemple. Ils sont généralement basés sur l'anthroponyme Marcellus> Marcel sans rapport avec l'étymologie de Marseille. Cf. aussi le français massepain, anciennement marcepain, issu de l'italien marzapane.

Marseille s'écrit Marselha en occitan provençal[74], forme qui diffère de celle mentionnée au XIVe siècle Maselha mais que l'on retrouve dans la littérature occitane médiévale, notamment dans la Chanson de la croisade[78][source insuffisante] ou dans la vida de Folquet de Marseille[79][source insuffisante]. au côté d'autres formes divergentes (Marseilla, Masselha, etc.)

La graphie Marselha correspond à la norme classique de l'occitan, tandis que Marsiho est la norme mistralienne. Cependant la prononciation est [maʀˈsijɔ] dans les deux cas, en effet la réalisation phonétique de la lettre « e » /e/ est très fermée, proche de celle du « i » français[80],[81]. On appelle la ville Marsiglia en italien, Marsella en catalan et en espagnol, Marselha en portugais, Marseilles ou Marseille en anglais, on l'a appelé Massilien autrefois en allemand mais Marseille de nos jours et enfin مرسيليا (Marsilya) en arabe, où le mot arabe marsa veut dire « port ». Pendant la Convention, en punition de son implication dans le mouvement fédéraliste, Marseille est temporairement débaptisée : du au , elle est officiellement nommée la « ville-sans-nom » et ainsi désignée[82],[83],[84].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les premiers vestiges de présence humaine dans le bassin Marseillais remontent à environ 60 000 av. J.-C. (paléolithique moyen)[85]. Au paléolithique supérieur la grotte Cosquer, alors non immergée, est occupée entre 27 000 et 19 000 avant le présent. Par ailleurs, en juin 2005[86], des fouilles ont mis au jour des vestiges d'une implantation néolithique qui remonte à 6 000 avant notre ère, près de la gare Saint-Charles, autour de la rue Bernard du Bois[87]. Des fragments de poterie retrouvés sur la rive sud du Vieux-Port attestent de l'occupation humaine du site au IIIe et IIe siècles avant notre ère[88]. Au paléolithique, des populations ont vécu sur cet espace, en témoigne la présence d'un habitat sur un flanc des collines jouxtant le Riaux (cours d'eau). On y consommait des fruits de mer, les produits de la chasse et de la cueillette (les grottes, nombreuses, et les oppida environnants sont dignes d’intérêt à l'Estaque comme à Martigues, sur le site de la Cloche, ou encore de Verduron).

Les falaises et grottes étaient occupées autour du lit du Riaux (cours d'eau), des vestiges retrouvés aux XIXe et XXe siècles y prouvent une activité humaine datant du Magdalénien, soit entre −17 000 et −10 000 ans, période des chasseurs-cueilleurs.

Max Escalon de Fonton, archéologue, a découvert des silex taillés (lames, grattoirs), des ossements d'animaux (bouquetins, lynx, ours, loup), un collier en coquillages perforés ainsi que d'autres vestiges de cette époque, ainsi qu'une céramique décorée datée de −6 000 ans, et la sépulture d'un adolescent en position repliée.

Dans la grotte Crispine des collines du quartier Les Riaux furent retrouvés « des galets perforés, un très grand foyer, des poteries mésolithiques en terre noire, des petits grattoirs et de nombreux coprolithes de canidés (excréments fossiles)[89].

Les grottes à sépultures intentionnelles sont peu connues dans la région marseillaise. Celle que l’on nomme « la Crispine » est difficilement accessible, car elle est actuellement sur un site en dépollution, cependant dans cette Nerthe si peu étudiée par les archéologues, Clastrier découvrit un gîte d’un grand intérêt dont les objets ont été légués à l'institut historique de Provence[90].

Cette grotte est située dans la chaîne de la Nerthe sur la propriété de la Société Produits Chimiques de Rio Tinto, son altitude moyenne est d’environ 150 m. Elle surplombe presque l’entrée du tunnel qui perce la montagne à cet endroit et qui relie Marseille au Rhône. Dans le pays, cette grotte s’appelle Crispine ou encore Crispin. Ce nom pourrait venir de Christ-Pinis (Christ dans les pins), car en 1793, sous la Terreur, les catholiques allaient secrètement y entendre la messe.

L’entrée de cette grotte présente une forme ogivale. Longtemps utiliséee comme bergerie, un mur percé d’une porte la ferme en partie, elle mesure 17,50 m de long et 10 m de large.

M. Clastrier y aurait rencontré une ancienne tranchée de fouille (d’origine inconnue) (peut-être de Marion ou Fourrier). Découverte de traces d’habitation moderne, quelques briques, gîte de pâtre, et au milieu une belle molette carrée et arrondie par le travail humain, quelques os, gros coquillages, corne de chèvres.

De retour, Clastrier aurait fait des démarches pour obtenir l’autorisation de passer à travers les usines de Rio-Tinto pour poursuivre l’exploration, il y aurait alors découvert un fragment de poterie néolithique ou ligure, puis dans un boyau assez étroit, il aurait découvert de premiers silex mais aussi des débris d’os qui correspondraient à la faune locale, ainsi que des nourritures et restes de repas, des dents de moutons, des os brisés et brûlés, des coquilles marines, des patelles, des bois carbonisés charbons. Mais surtout des couteaux, des grattoirs, des outils primitifs qui auraient servi à l’époque néolithique. Également des os d’êtres humains. « La relique cherchée je l’ai trouvée sous mes doigts. O, combien délicatement je déterre une tête couchée sur le côté droit, le masque est régulier, le type normal, le maxillaire manque ; quatre fortes dents sont restées usées et arrondies sur les bords ; le sujet a vécu de nombreuses années. Mais quelle surprise ! Une fois la tête sortie, tout le dessous est brûlé, puis tout autour de cette tête, à moitié cuits mêlés à la terre noire, des os de grandes et moyennes vertèbres, brûlés et brisés mais aussi des vases sans pieds en miette, des amulettes, des objets ayant appartenu au mort et jetés là dans une cérémonie funéraire qui nous est inconnue ».

Antiquité[modifier | modifier le code]

Massalia, cité grecque[modifier | modifier le code]

La topographie première du site de la cité grecque est encore largement perceptible de nos jours, malgré les importantes modifications du XIXe siècle. Promontoire entouré par la mer, le site est dominé par trois buttes successives : la butte Saint-Laurent (26 mètres d'altitude en 1840), la butte des Moulins (42 mètres) et la butte des Carmes (environ 40 mètres)[91].

Fondation de la ville : la légende de Gyptis et Protis[modifier | modifier le code]
Colonie grecque à Marseille. Peinture de Pierre Puvis de Chavannes (1868).

La fondation de Marseille, qui remonte aux environs de 600 av. J.-C., est le fait de colons grecs venus de Phocée[92], (aujourd'hui Foça en Turquie) ; ce peuplement fut notamment favorisé par les Phocéens fuyant les invasions perses en 546 av. J.-C.[92].

Les conditions exactes de la fondation de la ville sont inconnues si ce n'est la légende rapportée par deux auteurs antiques : Justin et Aristote.

D'après Justin, le territoire qui forme aujourd'hui Marseille était occupé par une tribu des Ligures, celle des Ségobriges, qui se serait implantée vers l'actuelle Allauch. Deux navarques grecs, Protis et Simos, arrivèrent avec leur flotte pour établir une base commerciale dans le port naturel du Lacydon et participer au commerce de l'étain et de l'ambre. Le jour de l'arrivée des Grecs, le chef de la tribu ligure, Nanos, organisa un festin au cours duquel sa fille Gyptis avait à choisir son époux en lui tendant une coupe d'eau. Les Grecs furent invités à se joindre au banquet et le jeune chef de ceux-ci, Protis, fut choisi, scellant ainsi la fondation d'une nouvelle cité qu'il érigea sur les bords de la corne du Lacydon[93].

La date de cette rencontre fondatrice donnée par différents auteurs antiques[Note 4],[92] est -600, avec des variantes.

Si la plupart des éléments du récit relèvent de la légende, les découvertes archéologiques[Note 5],[92] corroborent la présence de colons phocéens dans la baie du Lacydon au VIe siècle avant notre ère.

Ce mythe pourrait être cependant contredit par l'interprétation de fouilles récentes sur le site de l'oppidum de Saint-Blaise. En effet, selon Jean Chausserie-Laprée, conservateur en chef du patrimoine de la Ville de Martigues, les découvertes archéologiques publiées en 2019 pourraient indiquer que cet oppidum, situé sur l'embouchure du Rhône, à une cinquantaine de kilomètres du port antique de Marseille, était la capitale des Ségobriges, et que les Phocéens avaient donc rencontré les Gaulois et installé leur première forteresse là-bas, avant de fonder Marseille[94],[95],[96].

Évolution de Massalia[modifier | modifier le code]

Les fouilles archéologiques ont révélé les vestiges des premières traces de l'habitat grec directement au contact d'un sol vierge sur la partie la plus occidentale de la butte Saint-Laurent. Très vite la ville s'agrandit et s'étend jusqu'au versant oriental de la butte des Moulins. Enfin, elle englobe la troisième butte (des Carmes) avant la fin du VIe siècle av. J.-C.. Une dernière extension à l'époque hellénistique lui permet d'atteindre une surface d'environ 50 hectares, que la ville ne dépassera plus avant le XVIIe siècle.

Le jardin des Vestiges, découvert en 1967 durant des travaux de construction du Centre Bourse sur l'emplacement du premier port de la ville antique.

La fortification grecque de la fin du VIe siècle av. J.-C. a été retrouvée en deux points de la ville : au jardin des Vestiges et sur la butte des Carmes, lors de fouilles d'urgence dans les années 1980. Une reconstruction a lieu à l'époque grecque classique, dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. et, vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., l'ensemble de la fortification est reconstruite en grand appareil de calcaire rose. Ce rempart est encore visible dans le jardin des Vestiges[97].

L'intérieur de la ville est découpé en îlots, avec des rues à angle droit qui constituent des ensembles cohérents, adaptés à la topographie naturelle du site. Ainsi le long du rivage les voies ont-elles des axes changeants, tandis que les pentes de buttes sont quadrillées de façon régulière[98].

À l'extérieur des murs, les fouilles récentes ont mis en évidence une cadastration établie dès la fin du VIe siècle av. J.-C., ainsi que l'exploitation de carrières d'argile qui se trouvait abondamment dans le substrat géologique (site de l'Alcazar) ; par la suite se développe au même emplacement une culture de la vigne et probablement d'autres plantations[99]. Les nécropoles sont connues soit par des découvertes anciennes soit par la fouille, en 1990, du parc Sainte-Barbe[100].

La Marseille grecque connaît une forte croissance et devient une cité prospère, vivant des relations commerciales fortes avec la Grèce, l'Égypte, l'Asie Mineure puis Rome. La ville est indépendante et s'administre librement : elle est gouvernée par un directoire de 15 « premiers » choisis parmi 600 sénateurs (Strabon, IV, 1,5). Trois d’entre eux avaient la prééminence et l’essentiel du pouvoir exécutif.

Marseille est le point de départ de la diffusion de l'écriture chez les peuples gaulois, qui ont appris à transcrire leur propre langue en caractères grecs et à rédiger leurs propres actes en grec[101]. C'est aussi probablement par Marseille que sont introduits en Gaule les premiers vignobles[102].

Marseille est alors cernée par une ceinture d'oppida dont on ne peut déterminer si certains faisaient fonction de protection contre ceux plus au nord, même si l'hypothèse a été avancée par François Villard : il ne semble pas y avoir de liens d'appartenance, sauf pour les Mayans dont la structure fait penser qu'il abritait une garnison, vraisemblablement grecque. Les échanges sont nombreux avec eux comme en témoignent les monnaies retrouvées sur le site du Baou Roux, de l'autre côté de l'Étoile.

On relève :

  • sur le Garlaban[103] : Colline du Château, Peynaou, Ruissatel, le Bec Cornu, le Baou des Gouttes, les Gavots,
  • sur le Regagnas : Le Tonneau, Saint Jacques, Baou de la Gache
  • sur l'Étoile : la Cride, la Tête de l'Ost[104], le Baou Roux, les Mayans (Camp Jussiou), Le baou de Saint Marcel et le Collet Redon sur le versant sud est[105]
  • sur la chaîne de l'Estaque : le Verduron (Camp Long?), Teste Negre, la Cloche, suivi par d'autres clairement indépendants et aussi anciens sinon plus, jusque Martigues et au-delà.

Marseille et Rome[modifier | modifier le code]

Au début de la deuxième guerre punique, Scipion est envoyé par Rome pour protéger Massilia, citée alliée, cible supposée de Hannibal qu'il pense trouver vers les Pyrénées, et bloquer ainsi son passage par la côte. Hannibal, n'a pas réussi à mettre les tribus gauloises de son côté et ses troupes sont attaquées depuis la péninsule ibérique, mais il est déjà plus au nord. Les tribus de la région de Massilia, future Provincia, alliées de Rome, sont évitées vers le milieu du mois d’août 218 av. J.-C. Ce sont 38 000 fantassins, 8 000 cavaliers et 37 éléphants qui auraient pu assiéger Massilia qui passent le Rhône à quatre jours de marche au nord de Marseille, soit à la hauteur du village actuel de Caderousse. Quand Scipion comprend son erreur, il laisse ses troupes continuer sur l'Ibérie mais revient pour préparer les légions dans la plaine du Pô. Massilia est épargnée.

En 181 av. J.-C., les Massaliotes phocéens et leurs alliés helléno-celtes Cavares de la région de Cavaillon-Avignon-Orange appellent Rome au secours contre les pirates Ligures.

Au cours du IIIe siècle av. J.-C., Marseille se retrouve confrontée à la puissance grandissante de ses voisins gaulois, en particulier des Salyens. Pour faire face à leur menace, la cité fait encore appel à son alliée Rome, devenue la grande puissance méditerranéenne.

La conquête réelle ne commence qu'en 120 av. J.-C., avec la campagne militaire du proconsul romain Gaius Sextius Calvinus, qui voit raser une partie des oppidda au nord de Massilia. Mais la province ne reçoit cependant son statut officiel qu'après le passage de Pompée dans les années 70 av. J.-C.. Colonie devant concurrencer Massillia, Aquae Sextiae (Aix), est fondée en 122 av. J.-C.

Cliente de Jules César et de Pompée, Marseille refuse en -49 de prendre parti dans la guerre civile de César, tout en accueillant les émissaires de Pompée. Battue en mer et assiégée par trois légions pendant deux mois par César puis par son légat Caius Trebonius, la ville est prise (Bellum Civile, livre I, 34-36, etc.), privée de ses colonies[96][source insuffisante] et doit se soumettre à Rome. Les Romains la rattachent à la province Narbonnaise. Le reste des oppida subsistant est alors vraisemblablement rasé (La Cloche). À l'époque d'Auguste, la ville connaît une nouvelle grande phase de construction. L'agora-forum est reconstruit comme en témoignent les fragments de dallages découverts par Fernand Benoit au sud des Caves de Saint-Sauveur. Le forum est bordé à l'ouest par un autre grand édifice, le théâtre, dont quelques gradins ont été conservés jusqu'à nos jours dans l'enceinte du collège du Vieux-Port[106]. Des thermes sont installés le long du port : les vestiges, remontés sur la place Villeneuve-Bargemon, sont aujourd'hui visibles quasiment à leur emplacement d'origine derrière l'Hôtel de Ville[107].

Pendant le Haut Empire, la zone portuaire est considérable[108] : elle s'étend sur la rive nord de la calanque du Lacydon, en suit la corne du port (Jardin des Vestiges) dont le quai est reconstruit à l'époque flavienne, et se prolonge au fond du Vieux-Port actuel. Dans cette zone, les fouilles de la place Général-de-Gaulle ont dégagé une grande esplanade empierrée qui peut correspondre à des salines aménagées. De nombreux entrepôts à dolia sont connus ; une partie de l'un d'entre eux a été conservée en rez-de-chaussée du Musée des docks romains.

Puis, durant le Bas Empire, la ville semble décliner légèrement au profit vraisemblablement d'Arles.

Antiquité tardive[modifier | modifier le code]

Marseille se développe à nouveau à partir du Ve siècle de notre ère. À l'intérieur de la ville, la construction d'une première grande cathédrale marque la puissance de l'évêque, probablement Proculus, qui tient à rivaliser avec Arles. Deux basiliques funéraires ont été retrouvées en fouille[109]. L'une, hypothétique, fouillée pour moitié dans l'emprise des immeubles du cours Belsunce par J. et Y. Rigoir en 1959 et par G. Bertucchi dans la construction du Centre Bourse en 1974. La seconde est clairement attestée par la fouille de M. Moliner, rue Malaval (2003-2004), avec la découverte d'une memoria intacte sous le chœur[110].

Sur la corne du port, comblée, se développe un habitat dont on retrouve la trace, hors les murs, jusqu'à l'actuelle bibliothèque de l'Alcazar (fouille M. Bouiron). Sur ce site, on a pu mettre en évidence une continuité directe avec les constructions romaines ; un groupe de bâtiments se développe progressivement entre le Ve siècle et le VIIe siècle, avec dans un dernier état, un vaste bâtiment de type entrepôt. Les bâtiments sont abandonnés au début du VIIIe siècle[111].

La vitalité du commerce est perceptible par les découvertes de productions céramiques venant de toute la Méditerranée, témoins privilégiés des marchandises qui affluent à Marseille durant la période ostrogothique et mérovingienne. Puis, prise dans les remous des conflits entre rois francs, la ville semble perdre de son importance à partir de la reprise en main de la Provence par Charles Martel et le pillage de la ville qui l'accompagne.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Haut Moyen Âge et Moyen Âge central[modifier | modifier le code]

Marseille est pillée par les Sarrasins en 838, des razzias faisant suite à la conquête musulmane de la péninsule Ibérique. D'autres pillages ont eu lieu, par des pirates grecs en 848[112].

En 904, l'abbaye Saint-Victor se voit dotée de la rive sud du port par le roi de Provence Louis l'Aveugle. L'époque reste incertaine, avec les démêlés des derniers carolingiens tout entiers tournés vers l'Italie et n'hésitant pas à traiter avec les Sarrasins lorsque leurs ambitions le nécessitent. Ces derniers en 923 dévastent le monastère de Saint-Victor et le territoire marseillais. À partir du milieu du Xe siècle, la situation se stabilise. Le comte de Provence choisit un frère de l'évêque Honorat de Marseille, fils de Arlulfe de Marseille, Guillaume, comme vicomte de Marseille. Ses descendants seront pendant plusieurs générations soit évêque soit vicomtes de Marseille.

La topographie de l'époque est difficilement perceptible[113]. Il existe une fortification réduite sur le sommet de la butte Saint-Laurent, c'est le château Babon (castrum Babonis) des textes du XIIe siècle. Le nom de Babon fait référence à un évêque, mentionné à propos d'un polyptyque perdu de l'abbaye de Saint-Sauveur et qui pourrait avoir exercé au cours du IXe siècle. La délimitation de cette enceinte est difficile car cette fortification a déjà pratiquement disparu à la fin du XIVe siècle et aucun vestige n'en est connu. Englobant une partie de la ville haute appartenant à l'évêque, elle devait contenir la zone du fort Saint-Jean et arriver jusqu'à la rue Fontaine-des-Vents, au voisinage de l'actuelle place de Lenche.

M. Bouiron a mis en évidence, au contact de cette fortification, un deuxième ensemble fortifié centré autour de la Major, le bourg de la Major qui contient une partie de la butte des Moulins.

« Voyage de Marie Madeleine à Marseille » réalisée par Giotto di Bondone en 1320 dans l'Église du couvent St François (Chapelle Sainte-Madeleine) à Assise (Italie).

Passé l'an mille, Marseille se révèle à nouveau un port florissant qui participe aux Croisades. Les Marseillais sont présents en Afrique du Nord et possèdent un quartier à Saint-Jean-d'Acre. Si la prise de cette dernière met un terme à l'aventure en Terre sainte, leur présence est largement attestée en Méditerranée tout au long du Moyen Âge.

De nombreux conflits émaillent par ailleurs l'histoire entre les comtes de Provence et Marseille, qui jouit d'une certaine indépendance commerciale :

Puis Charles Ier d'Anjou, devenu comte de Provence, fait perdre à Marseille son autonomie en 1257 avec les Chapitres de paix[114]. L'indépendance économique et politique de Marseille par rapport à la France perdure jusqu'à la fin du XVe siècle quand le comté de Provence est rattaché au royaume.

Bas Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Marseille en 1575.

La grande peste pénètre en Europe par le port de Marseille en 1347. En 1423, la prise de la ville par les Catalans et la destruction qui s'ensuit occasionnent un profond déclin à la fin du Moyen Âge.

Le , le comte de Provence René d'Anjou, qui a succédé à son frère Louis III d'Anjou comme roi de Sicile et duc d’Anjou, arrive à Marseille et favorise par des privilèges le relèvement de la ville, qu'il considère comme une base maritime stratégique pour reconquérir son royaume de Sicile.

Les Marseillais, en contrepartie, se chargent de la reconstruction des remparts. Le roi René, qui souhaite équiper l'entrée du port d'une solide défense, décide de faire construire sur les ruines de l’ancienne tour Maubert, une nouvelle tour plus importante. Jean Pardo, ingénieur, en conçoit les plans et Jehan Robert, maçon de Tarascon, exécute les travaux. Cette construction s’échelonne de 1447 à 1453. Le roi fait édifier les fondations du piédestal, puis les travaux sont suspendus faute de crédits et c’est finalement grâce à l’aide des habitants de Marseille et notamment de la corporation des pêcheurs qu’ils peuvent reprendre. Cette tour, dite tour du roi René, sera englobée au XVIIe siècle dans le fort Saint-Jean construit sur ordre de Louis XIV.

En 1516, François Ier, en pèlerinage dans la région, est attiré par la curiosité de voir un rhinocéros (cet animal est un cadeau du roi du Portugal Manuel Ier au pape Léon X, le navire faisant escale sur l'île d'If). François Ier rend une visite à la ville et en profite pour en étudier la situation géographique et estime alors qu'elle manque de défense.

En 1524, l'armée française perd la dernière bataille d'Italie et se replie, poursuivie par ses ennemis et leurs alliés. L'armée du Saint-Empire romain germanique pille les environs et assiège Marseille. La ville résiste et permet à l'armée française de se réorganiser et de contraindre l'armée du Saint-Empire de retourner sur ses terres. La prise de la ville est évitée de peu et rend encore plus évidente la nécessité de renforcer les défenses de la ville. François Ier ordonne la construction de deux forts royaux, l'un sur l'île d'If et l'autre, à Notre-Dame-de-la-Garde. Il fait ainsi bâtir le château d'If entre 1526 et 1529 et fait ériger un rempart en pierre à Notre-Dame de la Garde. En 1536, les travaux de Notre-Dame-de-la-Garde sont achevés, à temps pour défendre la ville contre les troupes de Charles Quint, qui est lui aussi repoussé.

XVIe et XVIIe siècles : la ville rebelle[modifier | modifier le code]

Charles de Casaulx, qui contrôle la ville de 1591 à son assassinat en 1596.
Marseille, gravure de Martin Martini 1602.

Lors des guerres de Religion, Marseille parvient dans un premier temps à se tenir à l'écart des conflits et accueille de nombreux réfugiés des combats. Elle adhère toutefois à la Ligue catholique en 1589. À la mort d'Henri III, Marseille refuse de reconnaître son successeur Henri de Navarre : « une gigantesque procession menée par les consuls se [rend] à la porte Réale » et érige une croix en signe de défiance de la « première [ville] christianisée du royaume. »[115]

En , le meneur des ligueurs radicaux, Charles de Casaulx, est élu premier consul. À l'automne 1592, le Conseil de ville rejette l'autorité du Parlement d'Aix et déclare ne plus obéir qu'à l'autorité du duc de Mayenne, chef de la Ligue. Casaulx prend alors des initiatives menant la ville sur la voie de l'indépendance : construction d'un fort à l'entrée du port, rétablissement d'un grenier à sel et affranchissement de la gabelle, création d'une imprimerie. En , Henri de Navarre abjure la foi protestante ; il est reconnu roi par le pape puis, en par le duc de Mayenne. Seule Marseille refuse de se soumettre et Casaulx demande l'aide de Philippe II d'Espagne. Le , des troupes françaises se massent devant les remparts de la ville ; alors qu'il accourt sur place, Casaulx est assassiné par Pierre de Libertat, qui fait ensuite ouvrir les portes de la ville. En apprenant la réduction de la ville Henri IV aurait dit : « C'est maintenant que je suis roi de France[115]. »

Marseille continue toutefois dans les années qui suivent à contester le pouvoir royal. En 1615, la population attaque le bureau de perception de la taxe foraine, tuant les commis et brûlant les registres. En 1634, une émeute de pêcheurs conteste la hausse du sel. En 1635, puis en 1644, des habitants se révoltent contre de nouveaux règlements royaux concernant les monnaies. En 1652, profitant de la Fronde aixoise, les Marseillais prennent les péages de Bouc-Bel-Air, d'Aubagne et des Pennes. En 1659, un émissaire du roi est pris à partie par la foule et mis en pièces[116].

Louis XIV se rend alors sur place pour mettre fin aux troubles. En 1660, établi à Aix, il annonce que Marseille sera soumise à une occupation militaire et que les institutions municipales seront complètement réformées. La porte Réale, devant laquelle les comtes de Provence puis les rois de France devaient jurer de respecter les libertés de la ville avant d'y pénétrer, est abattue. Pour surveiller la ville, le fort Saint-Jean et le fort Saint-Nicolas sont construits à l'entrée du port. Le , Louis XIV fait symboliquement son entrée dans Marseille par une brèche ouverte dans les remparts, comme si la ville était conquise[116].

XVIIe et XVIIIe siècles : l'essor commercial[modifier | modifier le code]

Plan de Marseille en 1720.
Plan de Marseille de 1830 par Philippe Matheron.
L'Embarquement du corps expéditionnaire
1756 par Jean-Joseph Kapeller,
Musée des Beaux-Arts de Marseille.

Si Marseille a pratiquement ignoré la Renaissance, elle se transforme à partir du XVIIe siècle, entre esprit classique et baroque, sous l'influence notamment de Pierre Puget[117]. Après la soumission de la ville par Louis XIV, l'agrandissement en est décidé. Pour la première fois, Marseille s'étend au-delà de ses murailles médiévales. Le cours (aujourd'hui[Quand ?] cours Belsunce et cours Saint-Louis), est construit en 1670.

En , Jean-Baptiste Colbert fait de Marseille un port franc, supprimant la quasi-totalité des droits. En 1685, un édit interdit aux marchandises du Levant d'entrer dans le royaume par un autre port que Marseille, qui se retrouve ainsi en situation de monopole. La Chambre de commerce, la plus ancienne de France, fondée en 1599, reçoit la gestion du commerce français avec le Levant et la Barbarie. Ces dispositions attirent une nouvelle prospérité grâce au commerce méditerranéen. À partir de 1700, Marseille se lance dans le commerce océanique, d'abord dans le trafic d'argent avec l'Amérique du Sud, puis des alcools, sucre et café avec les Antilles[118].

L’Embarquement du corps expéditionnaire de Minorque par Jean-Joseph Kapeller, peint en 1756, montre avec une grande précision les façades de l'Arsenal des galères à gauche et de l'hôtel de ville à droite. La tour du Fort Saint-Jean se dresse au centre et au fond, à la sortie du grand bassin.

À la fin du XVIIIe siècle, Marseille est le premier port de Méditerranée, devant Gênes. Si la peste de 1720 porte un rude coup à la démographie de la ville (38 000 victimes sur 75 000 habitants)[119], celle-ci se rétablit vite et atteint son niveau d'avant la peste dès 1730[118].

En dehors de la cité, le terroir marseillais, comprenant une cinquantaine de villages et de riches familles exploitantes agricoles, profite de cette prospérité. La principale richesse du terroir est le vin, qui est vendu en ville où aucun vin étranger n'est autorisé[118].

Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

Marche des Marseillois, chantée dans différents théâtres.

Il faut attendre la Révolution française et l'uniformisation du territoire français (langue, monnaie, droit) pour que Marseille qui jusqu'alors faisait partie des provinces à l'instar de l'étranger effectif via son port franc (liberté de commerce avec l'étranger mais droit de douanes avec le reste des provinces françaises) perde cette spécificité qu'elle a toujours tenté de conserver. La ville accueille toutefois avec enthousiasme le début de la révolution, envoyant un bataillon de fédérés en 1792 à Paris qui arrivera en chantant le chant de guerre de l'armée du Rhin de Rouget de Lisle, chant qui prendra par la suite comme nom La Marseillaise.

Par la suite, révoltée contre la Convention en raison de la perte de ses libertés communales et rejoignant le parti fédéraliste[120], Marseille est officiellement débaptisée et désignée du au comme la ville « sans nom ». Au printemps, dans un souci d'apaisement, Maignet, qui remplace Fréron, redonne son nom à la ville[121].

La Marseillaise[modifier | modifier le code]

En 1792, Rouget de Lisle, jeune officier du génie, compose à Strasbourg le Chant de guerre de l'Armée du Rhin. Cet hymne, qui a été édité, parvient à Marseille qui a accueilli la Révolution avec enthousiasme. La ville, envoyant à Paris 500 volontaires, leur offre un banquet, au cours duquel le général François Mireur chante l'œuvre venue d'Alsace. Elle soulève l'enthousiasme et les assistants la reprennent en chœur. Quand ils défilent dans les rues de Paris, leurs voix chaudes de Méridionaux, qui lancent à toute volée les strophes enflammées, électrisent la foule. Le nouvel hymne trouve aussitôt son nom : c'est la Marseillaise. Une plaque commémorative de Rouget de Lisle est visible rue Thubaneau au centre de Marseille.

Du XIXe au début du XXe siècle : Marseille, port des colonies[modifier | modifier le code]

De 1860 au début de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Obligation de la Ville de Marseille en date du .

Le XIXe siècle, avec son cortège d'innovations industrielles (dont l'apparition de la navigation à vapeur), la fin de la piraterie barbaresque et les traités de libre échange des années 1860, les conquêtes coloniales de la France à partir de 1830 puis le percement du canal de Suez en 1869, stimulent le commerce maritime et la prospérité de la ville, qui passe d'environ 300 000 habitants en 1870 à environ 600 000 habitants en 1940. La zone portuaire déborde de son périmètre historique (le Vieux-Port) et s'étend à partir de 1844 aux rivages Nord. Les actuels bassins de la Joliette sont ouverts en 1853, ceux du Lazaret et d'Arenc en 1856. La banque de Marseille la plus réputée est alors celle créée par Pierre Pascal II au début de l'Empire.

En 1870, Marseille se place au premier rang des ports d’Europe continentale avant de se laisser dépasser par Hambourg, Anvers et Rotterdam à la fin du siècle[122].

En , les insurgés républicains proclament la Commune de Marseille. Celle-ci sera écrasée à l'issue d'une répression sanglante par les troupes du régime versaillais[123][source insuffisante].

L'économie de la ville est alors basée sur le négoce et l'industrie : production de corps gras, huile et savons, sucre, semoulerie, chimie, tuilerie, réparation navale et construction mécanique[124]. Si la fin du XIXe siècle est moins florissante, la période précédant la Première Guerre mondiale est le point culminant de ce système « industrialo-portuaire » marseillais : l'année 1913 est celle où le tonnage portuaire est le plus important, notamment les oléagineux. À cette époque se développent de petites entreprises créées par de nouveaux venus (sud de la France, Italie, Empire ottoman)[125] et d'abord spécialisées dans le négoce et la transformation des produits coloniaux, puis des armateurs, négociants, fabricants d'huile, raffineurs de sucre et savonniers, voire banquiers. Dans ce système concurrentiel et de spéculation de marchés, défini par l'individualisme industriel, l'activité repose souvent sur un système familial. Très attachés à ce modèle libéral, bénéficiant d'une main d'œuvre étrangère peu qualifiée, ces patrons marseillais sont contre toute intervention « parisienne » du type d'investissement de capitaux privés ou de mise en place de réglementations publiques[126]. Marseille célèbre cette richesse à travers les expositions coloniales de 1906 et 1922, qui connaissent un vif succès.

Grands chantiers[modifier | modifier le code]

Le quai de la Joliette et les Messageries maritimes dans les années 1890.

L'accroissement territorial et démographique de la ville est à l'origine d'un chantier majeur : l'adduction des eaux de la Durance, décidée dès 1834 par le maire Maximin Dominique Consolat. Cette mesure s'impose d'autant plus que sévissent cette année-là une grande sécheresse et une épidémie de choléra. La construction par 5 000 ouvriers du canal de Marseille, long de 87 km, demande onze ans de travaux et l'eau de la Durance arrive le à Marseille. En 1862, afin de commémorer cet événement, l'architecte d'origine nîmoise Henri-Jacques Espérandieu (1829-1874) est chargé de réaliser un vaste monument « à la gloire de l'eau » ; c'est le palais Longchamp, qui est inauguré en .

Ce dernier a également édifié la basilique de Notre-Dame-de-la-Garde à partir de 1853 (consacrée en 1864) et est intervenu aussi sur le grand chantier de construction de la nouvelle cathédrale de La Major, sur les quais de la Joliette. Il a réalisé également de 1864 à 1874 le palais des Arts situé place Carli et a participé à la construction de la monumentale préfecture.

L'autre grand chantier est, comme partout en France à cette époque, l'arrivée du chemin de fer. Marseille est reliée à Avignon au début de l'année 1848, à Lyon en 1854, à Paris en 1857. La gare terminus, établie sur la butte Saint-Charles, fait l'objet de nombreux remaniements et aménagements jusqu'à la fin du siècle[127].

En 1871, pendant le soulèvement de la Commune de Paris, la ville connaît une insurrection similaire qui dure quinze jours. La préfecture est bombardée et le chef des insurgés, un avocat modéré, Gaston Crémieux, fusillé six mois plus tard, au Pharo.

En 1884 sévit une nouvelle épidémie de choléra. En 1891 débutent les travaux d’un réseau d'assainissement aboutissant à la construction d'un grand collecteur.

Début XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les Nouvelles Galeries en haut de la Canebière et l'ancien tramway de Marseille dans les années 1910.

Au début du XXe siècle, la bourgeoisie issue de l'industrialisation négociante est peu présente dans les postes politiques. L'entre-soi familial met à distance, hormis quelques exceptions, les élites locales et les représentants de l'État[128]. De même dans la ville, plutôt que d'intervenir au centre où se concentre l'espace industriel et ouvrier, ces industriels et négociants locaux s'installent dans les quartiers résidentiels du sud, renforçant une division de la ville entre quartiers populaires au nord et bourgeois au sud. Cette bourgeoisie ne mène pas de politique de logement ouvrier. La vaste opération du percement de la rue de la République renforce d'ailleurs la prudence des investissements immobiliers après de grandes difficultés de rentabilité dues à la faillite des frères Pereire et à la reprise par les grandes familles locales.

La ville fait ainsi face à un surpeuplement important, découlant du faible nombre de logements construits entre 1880 et 1914 et renforcé par le peu d'impact de la loi sur les habitations à bon marché (HBM) en raison du faible investissement du patronat local dans ces nouveaux organismes, contrairement à ce qui se réalise à cette époque ailleurs en France[129]. La poussée démographique ouvrière et immigrée rend l'urbanisation dispersée avec un morcellement des propriétés rurales, l'éclatement urbain par des lotissements et un phénomène important d'autoconstruction de maisons modestes. Cet éclatement urbain dans une commune à la superficie aussi vaste rend sa gouvernance difficile : « Le rapport entre une population aux revenus assez faibles et une surface énorme à entretenir, assainir et équiper, s'amenuise et rend pratiquement impossible la gestion municipale »[130]. Pourtant, la période voit également l'essor industriel et des infrastructures portuaires. Ainsi, pour relier les quais du Port et de Rive Neuve, le pont transbordeur de Marseille est construit en dix-neuf mois, entre et .

Chaos de l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1938, Marseille connaît un terrible incendie qui détruit totalement le magasin des Nouvelles Galeries, cause la mort de 73 personnes et endommage quelques immeubles de la Canebière. Devant l'ampleur du sinistre, les sapeurs-pompiers de Marseille, mal équipés et mal entraînés se montrent impuissants à éteindre l'incendie. Édouard Daladier qui est présent pour le congrès du Parti radical et logé dans l'hôtel de Noailles faisant face aux Nouvelles Galeries en flammes, déclare : « N'y a-t-il donc personne pour faire régner l'ordre dans cette ville ? ». Le bataillon de marins-pompiers de Marseille, unité militaire, est créé par le décret-loi du et la ville, ayant par ailleurs de lourds problèmes financiers, est mise sous tutelle et dirigée par un administrateur extraordinaire jusqu'à la Libération en 1944.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Destruction du quartier du Vieux-Port janvier 1943
Dynamitage du quartier du Vieux-Port en .

Le , un bombardement allemand cause la mort de 32 Marseillais et en blesse une soixantaine d'autres, le jour même où le bataillon de marins-pompiers, récemment créé, quitte la caserne provisoire de la rue de Lyon et prend possession de celle du boulevard de Strasbourg[131].

À la suite du débarquement américain en Afrique du Nord, le , les troupes allemandes franchissent la ligne de démarcation et Marseille se retrouve occupée le , comme le reste de la Zone libre. La ville souffre grandement de l'occupation et en particulier, lors de la Rafle de Marseille, le quartier du Panier au nord du Vieux-Port qualifié de « quartier criminel » par les nazis. Dans la nuit du 22 au 23 janvier 1943, plusieurs milliers de personnes sont arrêtées et deux jours plus tard, le , le général SS Oberg, assisté du préfet René Bousquet, ordonne aux habitants du quartier du Vieux-Port d'évacuer leur domicile dans les deux heures, avec 30 kg de bagages. 30 000 personnes sont expulsées. Dans les deux semaines qui suivent, 1 500 immeubles sont dynamités, laissant un champ de ruines jusqu'à la Libération. Marseille subit également plusieurs alertes aériennes. Le bombardement américain du est particulièrement dévastateur et cause la mort de plus de 2 000 personnes, en blessant environ 3 000. Près de 400 Allemands des troupes d'occupation trouvèrent également la mort[131].

Le a lieu le débarquement en Provence. À cette occasion, l'occupant fait sauter les installations portuaires : plus de 200 navires sont coulés et le célèbre pont transbordeur de Marseille détruit[132].

Les FFI de Marseille (et parmi eux Gaston Defferre) préparent la libération de la ville. Le , ils lancent l'insurrection accompagnée d'un mot d'ordre de grève générale. Mais mal armés et peu nombreux, leur position est critique jusqu'à l'arrivée des tirailleurs algériens du général de Monsabert et des goumiers marocains du général Augustin Guillaume qui pénètrent à Marseille le 23. Les combats avec l'armée allemande se poursuivent plusieurs jours, jusqu'à la capitulation du général Hans Schaefer le . Le 29, le général de Lattre de Tassigny assiste au défilé de l'armée d'Afrique sur la Canebière[131].

Des années 1950 à 1980 : les difficultés[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, l'urbanisation de la ville s'accélère. De grands ensembles sont construits dans les Quartiers nord et une grande place est laissée à la circulation automobile par la construction d'autoroutes jusqu'au cœur de la ville.

Mais à partir des années 1970 et 1980, l'indépendance progressive des colonies françaises met à mal l'économie de la ville. Marseille souffre également d'une mauvaise réputation liée à l'insécurité et aux affaires de grand banditisme (French Connection, assassinat du juge Micheletc.).

En 1962, Marseille est le lieu de transit de la majorité des Pieds-noirs fuyant l'Algérie indépendante. Beaucoup s'installent ensuite dans la ville et sa région.

En 1973, dans un contexte de tensions autour de l'immigration et après l'assassinat d'un chauffeur de bus par un Algérien, déséquilibré d'après l'ambassade d'Algérie, la ville est le théâtre de violences racistes.

En 1977 est mis en service le métro.

Depuis les années 1990[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, le projet Euroméditerranée de développement économique et de rénovation urbaine est lancé. De nombreuses infrastructures nouvelles et rénovations sont réalisées dans les années 2000 et 2010 : le tramway, la rénovation de l'Hôtel-Dieu en hôtel de luxe, Le Silo, l'agrandissement du stade Vélodrome, la tour CMA CGM, le musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM) ou encore la Villa Méditerranée. En 2013, Marseille est capitale européenne de la culture. Cette opération permet d'attirer à Marseille 10 millions de visiteurs (avec une estimation de 5 millions de visiteurs effectifs dont nombre venant de départements voisins, certains effectuant plusieurs visites)[133].

L'OCDE note que la ville connaît aujourd'hui un dynamisme économique dans le cadre du développement de son aire urbaine mais le rapport pointe encore l'importance des inégalités sociales et la fracture économique entre le sud de la ville et les Quartiers nord[134].

Le , aux alentours de 13 h 45, la ville est le théâtre d'un attentat djihadiste, un terroriste fait irruption sur le parvis de la gare de Marseille-Saint-Charles, il est équipé d'une arme blanche, dont un couteau. Les deux victimes âgées d'une vingtaine d'années ont été égorgées et poignardées, il a été abattu peu de temps après par des militaires d'une patrouille de l'opération Sentinelle qu'il s'apprêtait à attaquer[135]. Daech revendique l'attaque le jour-même[136]. Un an après, une plaque commémorative au nom des deux victimes est dévoilée ainsi qu'un hommage leur est fait[137].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Paysage politique[modifier | modifier le code]

Ville industrielle, Marseille est très tôt un territoire d'implantation du socialisme en France : Clovis Hugues y est élu premier député d'un parti ouvrier en France en 1881 et Siméon Flaissières, le premier maire socialiste de la ville, est élu en 1892.

Durant la majeure partie du XXe siècle, Marseille est acquise à la gauche. Après la Libération, la SFIO et le Parti communiste sont les deux principales forces politiques de la ville et le socialiste Gaston Defferre s'allie un temps à la droite contre les communistes pour conquérir la mairie. Il l'occupe jusqu'à sa mort en 1986.

La domination de la gauche s'estompe progressivement à partir des années 1980. Aux élections de 1983 déjà, Gaston Defferre recueille moins de voix que son adversaire de droite Jean-Claude Gaudin et n'est réélu qu'à la faveur du découpage électoral. Robert Vigouroux succède à Gaston Defferre après son décès ; il est largement élu aux élections de 1989, remportant l'ensemble des secteurs en tant que dissident socialiste. En 1995, Jean-Claude Gaudin est élu maire et fait basculer la ville à droite pour la première fois depuis 1953. Ce basculement se produit également lors des scrutins nationaux : le candidat de droite arrive en tête à Marseille lors du second tour des élections présidentielles en 1995, 2002 et 2007 alors que Jean-Claude Gaudin est réélu en 2001, 2008 et 2014[138]. Il annonce qu'il ne se représente pas aux municipales de 2020[139] et Michèle Rubirola est élue pour lui succéder à la tête du « Printemps marseillais », une coalition de partis et mouvements de gauche, qui élira Benoît Payan (PS) six mois plus tard après la démission surprise de Michèle Rubirola.

Les scrutins à Marseille sont également caractérisés par un fort vote protestataire : en 1981, Georges Marchais y arrive en tête au premier tour, ainsi que Jean-Marie Le Pen en 1995 et 2002. Jean-Luc Mélenchon y arrive en tête du premier tour lors de l'élection présidentielle de 2017.

Récapitulatif de résultats électoraux récents[modifier | modifier le code]
Scrutin 1er tour 2d tour
1er % 2e % 3e % 4e % 1er % 2e % 3e %
Municipales 2014 UMP 37,64 FN 23,16 PS 20,77 FG 7,10 UMP 42,39 PS-FG 31,09 FN 26,51
Européennes 2014[140] FN 30,28 UMP 24,85 PS 12,31 EELV 8,84 Tour unique
Régionales 2015[141] FN 35,85 LR 24,76 PS 20,50 EELV 9,29 LR 61,46 FN 38,54 Pas de 3e
Présidentielle 2017[142] LFI 24,82 FN 23,66 EM 20,44 LR 19,81 EM 64,42 FN 35,58 Pas de 3e
Européennes 2019[143] RN 26,31 LREM 20,59 EELV 13,69 LR 8,26 Tour unique
Municipales 2020[144] UG 23,44 LR 22,32 RN 19,45 LR diss. 10,65 UG 38,28 LR 30,75 FN 20,30

Géographie électorale[modifier | modifier le code]

Le vote à Marseille est géographiquement divisé mais les derniers scrutins ont modifié la géographie électorale.

Le nord de la ville (2e, 3e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements) est historiquement acquis à la gauche. Les bastions communistes, comme la Belle de Mai, y ont été progressivement remplacés par le vote socialiste dans les années 1990 et 2000. Toutefois, le Rassemblement national réalise également ses meilleurs scores dans les 13e et 14e arrondissements où il s'est imposé lors des élections municipales de 2014 avant d'être battu par la droite en 2020.

Le sud, à l'inverse, est habituellement dominé par la droite (6e, 8e, 9e et 10e arrondissements). Les quartiers est (11e et 12e arrondissements), longtemps socialistes, ont récemment basculé à droite à la faveur de la désindustrialisation de la Vallée de l'Huveaune et de changements sociologiques. À l'inverse, les 6e et 8e arrondissements, bastions historiques de Jean-Claude Gaudin, ont été remportés par la gauche en 2020.

Le grand centre-ville (1er, 4e, 5e et 7e arrondissements) est actuellement l'objet des batailles électorales les plus serrées.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Le découpage des arrondissements et des secteurs de Marseille.

Marseille est l'objet de la loi PLM et est, comme Paris et Lyon, découpée en arrondissements. Ceux-ci sont au nombre de 16 et sont regroupés par deux en huit secteurs. Chaque secteur dispose de son conseil et de son maire de secteur.

Chaque secteur élit donc ses conseillers (303 au total), dont un tiers siège également au conseil municipal et élisent le maire de la ville :

Secteur I II III IV V VI VII VIII Total
Conseillers de secteur 22 16 22 30 30 26 32 24 202
Conseillers municipaux 11 8 11 15 15 13 16 12 101
Nombre total d'élus 33 24 33 45 45 39 48 36 303

Marseille est par ailleurs découpée en 12 cantons et sept circonscriptions.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Finances locales[modifier | modifier le code]

Marseille est la grande ville française la plus endettée avec 1,806 milliard d'euros de dette en 2013, soit un endettement de 2 103 euros par habitant (contre 1 080 euros par habitant en moyenne pour les grandes villes en France)[145].

Justice[modifier | modifier le code]

Marseille est le siège d'un Tribunal Judiciaire, d'un tribunal de commerce, d'un tribunal de police, d'un conseil de prud’hommes, d'un tribunal administratif et d'une Cour administrative d'appel de Marseille. La Cour d'appel se trouve à Aix-en-Provence.

Marseille abrite la prison des Baumettes, construite en 1934. En 2006, les conditions de vie de ce centre pénitentiaire ont été jugées choquantes[146] et en 2012 le Contrôleur général des lieux de privation de liberté y dénonce « une violation grave des droits fondamentaux des personnes privées de liberté[147] ». En , un nouveau bâtiment, « Les Baumettes II », est en construction afin de pallier ce problème d'insalubrité[148].

Le centre de rétention administrative de Marseille[149] est situé dans le quartier du Canet, dans le 14e arrondissement.

Sécurité et criminalité[modifier | modifier le code]

Grand banditisme[modifier | modifier le code]

L'Évêché, l'Hôtel de police de la ville.

Liée à l'imaginaire de la ville depuis près d'un siècle, le milieu marseillais apparaît vraiment dans les années 1930 avec les parrains François Spirito et Paul Carbone. Le milieu marseillais connait son heure de gloire dans les années 1960 avec l'essor de la French Connection, alors que la ville est au cœur d'un trafic international d'héroïne vers les États-Unis finalement démantelé par les autorités.

Aujourd'hui[Quand ?], le milieu apparaît désorganisé comme il a pu l'être à d'autres moments de son histoire, faisant s'affronter violemment dans une « guerre de tous contre tous » les parrains traditionnels, corso-marseillais surtout, et les « néo-parrains des cités » dont la source principale d'enrichissement est le trafic de cannabis dans les cités les plus défavorisées de la ville. Cette situation explique la recrudescence des règlements de compte depuis le début des années 2000[150].

Il n'y a jamais eu de mafia au sens originel du terme à Marseille[151],[152]. On lui préfère les termes de « pègre » au début du XXe siècle, ou de « milieu » et « crime organisé » aujourd'hui.

Délinquance[modifier | modifier le code]

La forte présence dans les médias nationaux de l'actualité des faits divers à Marseille, en particulier les règlements de compte, contribue à donner une mauvaise image de la ville et conduit certains médias à parler de désinformation[153],[154]. Deux autres facteurs expliquent la surmédiatisation des règlements de compte à Marseille : le fait que les banlieues font administrativement partie de la ville de Marseille et le fait que les règlements de compte sont généralement surmédiatisés, alors qu'ils ne représentent que 10 % des homicides commis en France chaque année[154]. Si la ville de Marseille connaît un taux de meurtres liés à la drogue proportionnellement presque aussi élevé que celui de New York[155] avec notamment des vols avec violence et des vols à la tire qui dépassent la moyenne nationale, la circonscription de sécurité publique de Marseille[Note 6] ne détient pour l'année 2008 que le 13e plus fort taux de délinquance (sur plus de 400 circonscriptions métropolitaines), derrière notamment Nice, Avignon ou Cannes, avec un taux de faits de délinquance constatés de 114,04 pour 1 000 habitants, soit les deux tiers de la moyenne nationale[156],[157]. Nice[158], par exemple, connaît proportionnellement plus de crimes[159],[160]. Pour ce qui concerne les homicides volontaires, si Marseille se trouve dans le département où les homicides volontaires sont les plus nombreux en valeur absolue (55 en 2012), rapporté au nombre d'habitants, celui-ci ne se situe qu'à la sixième position en France[161].

En 2017, Le Canard enchaîné avance que les chiffres de la délinquance en baisse à Marseille depuis 2012 sont faux. Selon le journal satirique, la police requalifierait les actes commis afin d'obtenir de meilleures statistiques[162].

Le sentiment d’insécurité[163] a toutefois poussé le gouvernement en 2012 à doter les Bouches-du-Rhône d’une Préfecture de police de plein exercice, la seule de France avec Paris.

Défense[modifier | modifier le code]

Marseille est le siège de l'état-major de la zone de défense et de sécurité Sud, de l'état-major zonal de la Gendarmerie nationale et de l'escadron de Gendarmerie mobile 11/6. Y sont stationnés, en 2018, l'état-major de la 3e division, le 1er régiment étranger de cavalerie (au camp de Carpiagne), le commandement de la Marine à Marseille et le groupement de soutien de la base de défense de Marseille. Marseille abrite également l'Hôpital d'instruction des armées Laveran. En revanche, la préfecture maritime de la Méditerranée est située à Toulon.

Le 72e bataillon d'infanterie de marine est dissous en 2009 tandis que le 4e régiment de dragons est dissous en 2014.

Le Bataillon de marins-pompiers constitue le corps municipal des pompiers de Marseille. Commandé par un officier général de marine, c'est une unité de la Marine nationale d'un effectif de 2 400 personnes. Il a été créé en 1939 à la suite de l'incendie des Nouvelles Galeries en remplacement du Corps municipal des sapeurs-pompiers, dissous à la suite de cette catastrophe. Les marins-pompiers de Marseille ont pour particularité d'être la seule unité militaire de l'armée française à agir selon les ordres et les directives d'un maire.

Jumelages et partenariats[modifier | modifier le code]

Marseille est jumelée avec quatorze villes et a également signé des pactes d'amitié et de coopération avec vingt-trois villes dans le monde[164].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Jumelages et partenariats de Marseille.Voir et modifier les données sur Wikidata
Jumelages et partenariats de Marseille.Voir et modifier les données sur Wikidata
VillePaysPériode
Flag of Abidjan.pngAbidjanFlag of Côte d'Ivoire.svgCôte d’Ivoire
Flag of Antwerp (City).svgAnversFlag of Belgium (civil).svgBelgiquedepuis
Drapeau de Beyrouth.pngBeyrouthFlag of Lebanon.svgLiban
Greater coat of arms of Copenhagen.svgCopenhagueFlag of Denmark.svgDanemark
Dakar CoA.pngDakarFlag of Senegal.svgSénégal
Flag of Yerevan.svgErevanFlag of Armenia.svgArménie
Gdansk flag.svgGdańsk[165]Flag of Poland.svgPolognedepuis le
Glasgow Coat of Arms.pngGlasgowFlag of the United Kingdom.svgRoyaume-Uni
Flag of Genoa.svgGênesFlag of Italy.svgItaliedepuis le
DEU Hamburg COA.svgHambourgFlag of Germany.svgAllemagnedepuis
Flag of Haifa.svgHaïfaFlag of Israel.svgIsraël
KhémissetFlag of Morocco.svgMaroc
Flag of Kobe.svgKōbeFlag of Japan.svgJapondepuis
Le PiréeFlag of Greece.svgGrèce
Flag of Marrakech province.svgMarrakechFlag of Morocco.svgMaroc
Municipalité de Limassol[166],[167]Flag of Cyprus.svgChypredepuis le
Flag of Naples.svgNaplesFlag of Italy.svgItalie
Flag of Odessa.svgOdessa[168]Flag of Ukraine.svgUkrainedepuis le
Flag Of Ramat Gan.svgRamat GanFlag of Israel.svgIsraël
ShanghaiFlag of the People's Republic of China.svgChinedepuis
City of Surabaya Logo.svgSurabaya[169]Flag of Indonesia.svgIndonésiedepuis le
ThessaloniqueFlag of Greece.svgGrèce
Flag of Tirana.svgTiranaFlag of Albania.svgAlbanie
TunisFlag of Tunisia.svgTunisie
Flag of Genoa.svgVille métropolitaine de GênesFlag of Italy.svgItaliedepuis le

Toutes les villes avec lesquelles Marseille est jumelée (à l'exception de Marrakech) sont d'importantes villes portuaires.

Année Ville Pays
1958 Abidjan Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
1958 Anvers Drapeau de la Belgique Belgique
1958 Copenhague Drapeau du Danemark Danemark
1958 Gênes Drapeau de l'Italie Italie
1958 Haïfa Drapeau d’Israël Israël
1958 Hambourg Drapeau de l'Allemagne Allemagne
1961 Kobe Drapeau du Japon Japon
1968 Dakar Drapeau du Sénégal Sénégal
1972 Odessa Drapeau de l'Ukraine Ukraine
1984 Le Pirée Drapeau de la Grèce Grèce
1987 Shanghai Drapeau de la République populaire de Chine Chine
2004 Marrakech Drapeau du Maroc Maroc
2006 Glasgow Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
2015 Tunis Drapeau de la Tunisie Tunisie

Accords de coopération[modifier | modifier le code]

Ville Pays
Agadir Drapeau du Maroc Maroc
Alexandrie Drapeau de l'Égypte Égypte
Alger Drapeau de l'Algérie Algérie
Bamako Drapeau du Mali Mali
Barcelone Drapeau de l'Espagne Espagne
Beyrouth Drapeau du Liban Liban
Casablanca Drapeau du Maroc Maroc
Erevan Drapeau de l'Arménie Arménie
Gdańsk Drapeau de la Pologne Pologne
Istanbul Drapeau de la Turquie Turquie
Ville Pays
Jérusalem Drapeau d’Israël Israël
Limassol Drapeau de Chypre Chypre
Lomé Drapeau du Togo Togo
Meknès Drapeau du Maroc Maroc
Montevideo Drapeau de l'Uruguay Uruguay
Rabat Drapeau du Maroc Maroc
Saint-Pétersbourg Drapeau de la Russie Russie
Sarajevo Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine
Ville Pays
Sousse Drapeau de la Tunisie Tunisie
Tirana Drapeau de l'Albanie Albanie
Tripoli Drapeau du Liban Liban
Valparaíso Drapeau du Chili Chili
Varna Drapeau de la Bulgarie Bulgarie

International[modifier | modifier le code]

Marseille est le siège de quelques organismes internationaux et de recherche tels que l'Institut de recherche pour le développement (IRD), la Commission Méditerranée de Cités et Gouvernements locaux unis (CGLU) ou le Conseil mondial de l'eau. Y sont également implantés le bureau local de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), une antenne de la Banque mondiale, un bureau de l'Organisation internationale pour les migrations.

70 consulats sont établis à Marseille, soit la deuxième représentation consulaire de France après Paris[170].

Le , les ministres des finances du G7 se sont réunis au Palais du Pharo.

Marseille en grand[modifier | modifier le code]

Le plan Marseille en grand est un plan d'investissement de 1,5 milliard d'euros pour la ville de Marseille annoncé par le président Emmanuel Macron le .[171].

Le préfet Laurent Carrié a été chargé en de la mise en oeuvre du plan de développement Marseille en grand.[172].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Après une grave crise dans les années 1970 et 1980 qui a vu la population passer de plus de 900 000 à moins de 800 000 habitants (malgré un solde naturel assez positif), la population augmente de nouveau à partir des années 2000[173].

Avec plus de 858 000 habitants, Marseille est la 2e commune de France. Son unité urbaine est cependant la 3e du pays (après Paris et Lyon) avec 1 578 484 habitants (2014), incluant Aix-en-Provence au nord, Istres, Martigues et Vitrolles à l'ouest et Aubagne à l'est. L'aire urbaine de Marseille - Aix-en-Provence est la 3e de France après celle de Paris et celle de Lyon. L'agglomération marseillaise a même récemment absorbé la commune de Saint-Zacharie, qui fait partie du Var. En revanche, La Ciotat, qui fait partie du territoire Marseille-Provence, a été absorbée par l'unité urbaine de Toulon.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[174],[Note 7]

En 2018, la commune comptait 868 277 habitants[Note 8], en augmentation de 1,51 % par rapport à 2013 (Bouches-du-Rhône : +2,07 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
108 37496 41399 169109 483145 115146 239154 035183 186195 258
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
233 817260 910300 131312 864318 868360 099376 143403 749442 239
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
491 161517 498550 619586 341652 196800 881914 232636 264661 407
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
778 071889 029908 600874 436800 550795 518839 043850 636862 211
2018 - - - - - - - -
868 277--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[175] puis Insee à partir de 2006[176].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges de Marseille en 2018 en pourcentage[177].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,7 
90 à plus
1,9 
7,0 
75 à 89
9,4 
14,4 
60 à 74
15,3 
18,9 
45 à 59
18,5 
19,2 
30 à 44
19,2 
20,0 
15 à 29
18,7 
19,7 
0 à 14
17,1 
Pyramide des âges des Bouches-du-Rhône en 2018 en pourcentage[178].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,7 
90 à plus
1,8 
7,3 
75 à 89
9,6 
16,0 
60 à 74
16,9 
19,8 
45 à 59
19,7 
18,8 
30 à 44
18,5 
18,6 
15 à 29
16,9 
18,8 
0 à 14
16,6 

Le taux de personnes de - de 30 ans est de 37,6 % à Marseille alors qu'il est de 35,5 % au niveau national et 35,3 % au niveau départemental. Le taux de personnes de + de 60 ans est de 24,5 % à Marseille alors qu'il est de 25,9 % au niveau national et 26,3 % au niveau départemental.

Une ville inégalitaire[modifier | modifier le code]

La Castellane, l'une des nombreuses cités des quartiers nord de Marseille.

Avec un coefficient de Gini de 0,436, Marseille est une des villes les plus inégalitaires de France[179], une partie de sa population étant très pauvre tandis que les grandes fortunes y sont également nombreuses. Le revenu moyen des 20 % les plus riches est ainsi 5,4 fois supérieur au revenu moyen des 20 % les plus pauvres[180].

Le sociologue André Donzel parle d'ailleurs de Marseille comme d'une « métropole duale » proche des configurations urbaines des pays en développement où se côtoient les plus riches comme les plus pauvres[181].

La commune connaissait un taux de pauvreté de 25 % en 2011 qui dépassait même 40 % dans les quartiers nord de la ville[182]. En comparaison, ce premier chiffre est identique à celui de Lille ou de Montpellier, mais supérieur à celui de Lyon (15 %). Ceci s'explique dans une certaine mesure par le fait qu'une grande partie des banlieues pauvres de l'agglomération se situent administrativement au sein de la commune, contrairement à d'autres grandes villes de France. Les banlieues parisiennes, lyonnaises ou lilloises connaissent en effet une pauvreté comparable. À l'inverse, les 8e et 12e arrondissements, au Sud et à l'Est de la ville, connaissaient en 2011 des taux de pauvreté (9 et 10 %) similaires à ceux des arrondissements les plus riches de Lyon ou Paris[183]. De plus, environ 3 200 contribuables marseillais sont soumis à l'impôt de solidarité sur la fortune avec un patrimoine moyen de 2,56 millions d'euros, ce qui en fait la deuxième ville hors Île-de-France et la cinquième ville de France en nombre de redevables à l'ISF[184],[185]. De la même manière, quinze familles marseillaises figuraient en 2011 dans les 500 premières fortunes professionnelles en France selon le magazine Challenges[181].

La fracture sociale est également spatiale, la ville étant globalement divisée entre des Quartiers nord plus pauvres et un Sud plus riche[186].

Ainsi en 2012, le taux de pauvreté dépassait 20 % au nord (3e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements) — il atteignait même 55 % dans le 3e arrondissement en 2011[187] — Alors qu'au sud et à l'est (7e, 8e, 9e et 12e arrondissements), il n'atteignait pas plus de 14 %. Ces contrastes se retrouvent dans le taux de personnes non-diplômées : en 2006 il s'élève à 25,27 % pour la ville (19,5 % pour la France métropolitaine)[188] mais dans les 3e, 14e et 15e arrondissements, il dépasse les 40 %.

Ces inégalités semblent s'être aggravées récemment : alors qu'en 2000, l'échelle de revenu était de 1 à 10, elle est de 1 à 14 en 2012[189]. L’écart entre les revenus médians des quartiers les plus pauvres et ceux des plus riches est passé de 2 500 à 3 000 euros entre 2000 et 2008. Entre la Cadenelle et Kalliste, le quartier le plus riche et le plus pauvre, l’écart entre le taux de diplômés supérieurs était de 33 points en 1990 alors qu'il est de 46 aujourd’hui[Quand ?][190].

Marche blanche organisée à la suite de l'effondrement des immeubles rue d'Aubagne à Marseille, le .

La cité du parc Corot est décrite par un magistrat dans Le Monde comme « une honte pour la ville, une indignité pour la République »[191]. Elle est évacuée fin 2018[192],[193].

Une ville d'immigrations[modifier | modifier le code]

Pays de naissance
des immigrés
Population
(2014)[194]
Drapeau de l'Algérie Algérie 41 987
Drapeau de la Tunisie Tunisie 10 918
Drapeau du Maroc Maroc 8 411
Drapeau des Comores Comores 7 889
Drapeau de l'Italie Italie 4 927
Drapeau de la Turquie Turquie 4 497
Drapeau de l'Espagne Espagne 2 717
Drapeau du Portugal Portugal 2 382
Drapeau de la Roumanie Roumanie 2 308
Drapeau de Madagascar Madagascar 1 869
La famille d'Yves Montand, venue d'Italie, a immigré à Marseille lorsqu'il avait deux ans.

Marseille est une ville dont la population s'est construite sur des vagues migratoires importantes successives, les trois plus importantes étant celles des Italiens à la fin du XIXe siècle, des Arméniens et des Corses au début du XXe siècle, et des maghrébins qui arrivent massivement dans la seconde moitié du XXe siècle[122]. Mais avant d'être une ville d'immigration, Marseille est depuis toujours à travers son port une ville de transit, d'arrivée et de départ, une étape pour beaucoup de voyageurs quittant l'Europe ou de réfugiés fuyant les persécutions. C'est donc une « ville-carrefour », de migrations diverses, temporaires ou permanentes[195].

Avant le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au cours du XVIIIe siècle, l'importance que prend le port de commerce amène de nombreux négociants européens[196]. Beaucoup de Suisses[197], d'Italiens, d'Allemands, d'Anglais, de Hollandais et de Grecs[5] sont présents dans l'activité économique[196].

L'historien Michel Vovelle estime que les Italiens sont déjà 5 000 à 6 000, pour une population totale de 100 000 habitants à la fin du XVIIIe siècle. Ils représentent alors 70 % des étrangers résidents dans la ville[198]. Cependant, il faut attendre la seconde moitié du siècle suivant pour voir leur nombre exploser.

XIXe siècle, le début des vagues migratoires[modifier | modifier le code]

Dès la Restauration émerge une véritable communauté grecque à Marseille. De nombreuses familles négociantes, surtout originaires de Constantinople, Chios et Smyrne viennent grossir les rangs d'une population déjà présente au siècle précédent. On parle alors d'une véritable « aristocratie commerciale » grecque à Marseille aux XVIIIe siècle et XIXe siècle[5].

À partir du milieu du XIXe siècle, parallèlement au déclin des industries traditionnelles, une industrie nouvelle se concentre autour de la ville. L'explosion des activités portuaires et la construction de la voie ferrée du PLM nécessitent une main d'œuvre importante que la Haute-Provence, foyer d'immigration et réservoir humain traditionnel de la ville, ne peut plus fournir. La croissance de Marseille est donc alimentée à partir de ce moment par une immigration extérieure et étrangère[122],[199].

La ville voit alors arriver de nombreux Italiens qui viennent occuper les emplois industriels aux dépens des Français dont la croissance démographique est bien plus faible. Parfois mal accueillis par les ouvriers locaux, ils sont la victime de violences en 1881, les Vêpres marseillaises. À partir de 1850 et jusqu'à l'entre-deux-guerres, l'immigration italienne va croître de manière spectaculaire et en 1934 ils sont 127 000 dans la ville, où ils représentent environ les deux tiers de la population étrangère. À partir de cette période, la politique anti-exode du gouvernement fasciste nouvellement au pouvoir freine considérablement ce mouvement[198].

Les historiens Émile Témime et Renée Lopez parlent d'« invasion italienne » entre les années 1850 et 1914 tant leur immigration est importante dans la ville[200]. Aujourd'hui[Quand ?], on estime que 1 habitant sur 3 a des ascendances italiennes[201][source insuffisante] soit près de 250 000.

Première moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Beaucoup des réfugiés arméniens fuyant le génocide arrivent à Marseille au début du XXe.

Dans les années 1930, on observe une nouvelle augmentation du nombre d'étrangers et un renouvellement de la population qui renforce le caractère cosmopolite de la ville[195]. Ainsi en 1935, si la population italienne reste considérable (15 % du total et 60 % des étrangers), elle est en recul par rapport aux dernières décennies. En effet, au début du XXe siècle trois nouveaux groupes d'arrivants lui succèdent : les Arméniens, les Espagnols et les Corses.

Les Arméniens arrivent essentiellement entre 1923 et 1928, quittant les pays voisins de la Turquie actuelle dans lesquels ils s'étaient provisoirement réfugiés pour fuir le génocide. À l’exception de la période de guerre qui vient de s'achever, la ville n’avait jamais accueilli en si peu de temps autant de réfugiés. On estime que débarquent alors 60 000 immigrés arméniens, même si tous ne s’installeront pas à Marseille. Ils vivent d'abord dans des camps de fortune avant de s'intégrer rapidement dans la vie socio-économique[202] et de former des noyaux villageois dans les quartiers de Beaumont, Saint-Loup et Sainte-Marguerite, Saint-Jérôme et Saint-Mitre, entre autres. Si la population s’est depuis dispersée dans toute la ville au fil des années, certains quartiers comme Beaumont abritent encore une communauté importante[203],[204].

Aujourd'hui[Quand ?], on estime que vivent entre 80 000 et 100 000 descendants d’Arméniens à Marseille[205]. Une autre source confirme cet ordre de grandeur en parlant de 10 % de la population actuelle[206].

Au début du XXe siècle, fuyant la crise économique d'une île à dominante agro-pastorale, de nombreux Corses s'établissent dans les quartiers traditionnels d'immigration autour du Vieux-Port[195]. Après la Seconde Guerre mondiale et la destruction d'une partie des Vieux-Quartiers qu'ils habitaient, ils se dispersent dans toutes la ville et connaissent une progression sociale visible : nombreux sont devenus fonctionnaires, avocats ou médecins[202]. Un certain nombre de Corses à l'inverse faisait partie du milieu marseillais. En 1965, on estimait que plus de 100 000 Corses vivaient à Marseille, ce qui lui valait alors le surnom de « capitale des Corses »[207].

Depuis les années 1950[modifier | modifier le code]

Si l'immigration algérienne est présente avant le XXe siècle, c'est à partir des années 1950 qu'elle explose réellement. Au recensement de 1975, 60 % des étrangers sont d'origine maghrébine. La reprise économique, l'encouragement du gouvernement français à la venue de travailleurs algériens et les répercussions de la décolonisation favorisent leur arrivée. La plupart d'entre eux sont des Algériens qui migrent pour le travail ou pour fuir les événements de la Guerre d'Algérie. Cette immigration est loin d'être homogène : aux côtés des Algériens, s'ajoutent les réfugiés juifs et pieds-noirs qui arrivent également en grand nombre[208].

Les Algériens s'installent souvent dans le centre-ville, où ils remplacent les précédentes vagues migratoires, mais aussi dans des bidonvilles au nord de la ville. Ceux-ci sont par la suite remplacés par des cités destinées à l'origine à n'être que provisoires, avant d'être délaissées par les pouvoirs publics et où de nombreuses familles issues de l'immigration vivent encore[208]. Les Algériens et leurs descendants représenteraient aujourd'hui[Quand ?] 500 000 personnes[209][source insuffisante],[210][source insuffisante] (soit 37 % du total) ce qui ferait d'eux la première communauté d'origine étrangère de la ville.

Les Pieds-noirs représentent au moment de l'indépendance algérienne une population d'environ un million de personnes[202]. En quelques mois en 1962, 450 000 d'entre eux gagnent Marseille, dont environ 100 000[211] seraient restés. Ils font face à une certaine hostilité des pouvoirs publics et d'une partie de la population[212].

Les Juifs représentent 130 000 personnes en 1948 en Algérie et nombre d'entre eux quitteront leur pays pour la France aux côtés des Pieds-noirs. Si certains transitent par Marseille avant de gagner Israël, une majorité s'y établit définitivement[202]. L'arrivée des juifs séfarades d'Algérie modifie d'ailleurs grandement la communauté israélite de Marseille, qui s'élèverait aujourd'hui à 80 000 personnes[213], soit la troisième communauté juive d'Europe, après celles de Paris et de Londres[214].

À la suite de l'indépendance des Comores en 1975 et dans un contexte politique et socio-économique difficile sur l'archipel[215], une importante communauté comorienne s'installe également dans la ville, dans des proportions faisant de Marseille la « plus grande ville comorienne » devant la capitale Moroni, avec une population de 50 000 à 100 000 personnes selon des estimations de 2004, soit près de 10 % de la population marseillaise[216],[217],[218].

Une ville multiculturelle[modifier | modifier le code]

Si elle reste une ville de culture occidentale, Marseille devient au XIXe siècle un point de rencontre entre un Orient souvent mythifié, source de richesse et de profusion, et un Occident transformé par l'industrialisation rapide nécessitant une main d'œuvre étrangère importante. Ainsi, même si l'immigration depuis le Moyen-Orient et l'Afrique ne démarre de manière importante qu'avec l'arrivée des Arméniens, au début du XXe siècle, puis, à partir des années 1960, avec l'immigration maghrébine, libanaise et comorienne[219], les vagues migratoires successives ont construit l'identité de la ville, définissant sa population comme un « peuple pluriel »[220][source insuffisante]. Troisième ville arménienne du monde, première ville corse, première ville comorienne, troisième ville juive d'Europe et avec d'importantes communautés maghrébines et italiennes, Marseille est considérée par Jean-Claude Juan comme la ville la plus cosmopolite de toute la Méditerranée[221]. Des quartiers du centre-ville comme Noailles, Belsunce et le Panier, qu'ont occupés beaucoup de ces nouveaux entrants à leur arrivée quelle que soit l'époque, sont restés multiculturels par essence, avec leurs magasins et restaurants italiens, corses, algériens, marocains, tunisiens, libanaisetc.[222]

Pour beaucoup d'observateurs, les rapports entre les communautés sont moins conflictuels à Marseille que dans le reste de la France[223],[224],[225]. Selon l'historien Yvan Gastaut, « malgré les spécificités socioculturelles de chacune et l’attachement puissant de certaines de ces communautés à leurs traditions, la ville a toujours su absorber les nouveaux arrivants sans heurts, en faisant montre d’une grande tolérance, notamment en ce qui concerne la pratique des cultes », même si « les minorités intégrées sont restées fortement structurées autour de leurs références successives[226]. »

Sports[modifier | modifier le code]

Marseille possède 200 000 licenciés[227] ainsi que quelques clubs d'envergure internationale.

Équipements sportifs[modifier | modifier le code]

Tifo géant à l'Orange Vélodrome juste avant le Classique du .

Le stade Vélodrome, construit en 1937, a depuis 2014 une capacité de 67 000 spectateurs, ce qui en fait le plus grand stade de football de France après le Stade de France. Son club de football résident est l'Olympique de Marseille. Il a accueilli les coupes du monde de football de 1938 et de 1998, la coupe du monde de rugby à XV 2007 et l'Euro 2016.

Le Palais des sports de Marseille, inauguré en 1989, est une salle omnisports d'une capacité de 7 400 places qui accueille chaque année le Tournoi de tennis de Marseille, le Trophée Massalia de gymnastique ou Challenge Jeanty de fleuret dames. La salle accueille quelques matches de basket-ball du club Fos Provence Basket.

Le Palais omnisports Marseille Grand Est, inauguré en 2009, contient deux patinoires, dont la plus grande de France[228] et un skatepark qui compte la plus grande rampe d'Europe[229]. Il a accueilli les championnats de France de patinage artistique 2010 et est le lieu de résidence du Marseille Hockey Club.

Marseille abrite le Bowl de Marseille, l'un des skateparks les plus réputés du monde dans les années 1990[230],[231].

Par ailleurs, la ville compte[réf. nécessaire] 172 courts de tennis, 124 gymnases municipaux, 15 piscines[232],[233], 67 stades municipaux[234], 50 boulodromes[235], 30 clubs de tennis, 3 terrains de golf, 3 bases nautiques, 8 dojos, 4 skateparks, 3 stands de tir, 2 hippodromes, 1 centre équestre[236], 2 murs d'escalade et un fronton de pelote basque. La ville abrite aussi cinquante sites de plongée[237].

Principaux clubs et personnalités sportifs[modifier | modifier le code]

Zinédine Zidane, footballeur né à Marseille.

L'Olympique de Marseille évolue en Ligue 1 et possède l'un des palmarès les plus importants du football français : 9 Championnats de France, 10 Coupe de France de football et une Ligue des Champions acquise en 1993. Le club a vu évoluer des joueurs emblématiques comme Josip Skoblar, Roger Magnusson, Marius Trésor, Abedi Pelé, Didier Deschamps, Chris Waddle, Basile Boli, Jean-Pierre Papin, Didier Drogba, Mamadou Niang, Fabien Barthez ou encore Franck Ribéry.

Zinédine Zidane, considéré comme l'un des plus grands joueurs de tous les temps, a grandi à La Castellane, un quartier du nord de Marseille. Éric Cantona, autant connu pour ses qualités de footballeur que pour ses frasques extra-sportives, est désigné comme étant l'un des meilleurs joueurs ayant évolué à Manchester United et dans le championnat anglais.

Le Cercle des nageurs de Marseille (C.N.M.), principal club de natation de la ville, détient également un palmarès conséquent et a accueilli Camille Lacourt, Florent Manaudou, Frédérick Bousquet, Fabien Gilot. Il est la place forte actuelle du water-polo masculin français avec un 37e titre de Champion de France conquis en 2017.

Une partie des matches du club Fos Provence Basket se joue au Palais des sports de Marseille.

Parmi d'autres personnalités sportives réputées figurent Jean Bouin, Samir Nasri, Rolland Courbis, Mathieu Flamini, Frank Lebœuf, Jean-Luc Ettori ou Sébastien Grosjean.

Nom Sport Division actuelle Stade/Salle Fondation Palmarès
Olympique de Marseille Football Ligue 1 Stade Vélodrome 1899 9 Championnats, 10 Coupes de France, 1 Ligue des champions (1993)
Athlético Marseille Football National 3 Stade La Martine 1964
ASPTT Marseille Omnisport Complexe sportif René Magnac 1907
USM Endoume Catalans Football National 2 Stade Lebert 1925
Cercle des nageurs de Marseille Natation Jeux olympiques, Championnats du monde de natation, Championnats d'Europe de natation Piscine Jean Alezard 1921 12 championnats de France interclubs, 2 médailles d'or olympique
Cercle des nageurs de Marseille Water-polo Division 1 Piscine Jean Alezard 1921 37 Championnats
Marseille Beach Team Football de plage National Beach Soccer 2012 Championnat
Marseille Beach Team Football de plage National Beach Soccer 2010 Championnats
Marseille XII beach-soccer Football de plage National Beach Soccer 2010 Championnat